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  • MÉTÉORITES (3)

    Les météorites (partie 3/6)

    Par Jacques MANDORLA

    Auteur du livre « 60 trésors fabuleux à découvrir »

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    Éditions Trajectoire - 272 pages - 356 illustrations en couleurs - 25 € - Livre disponible sur www.amazon.fr, www.fnac.fr et en librairie

    Les étranges phénomènes météoritiques

    Certains phénomènes sont parfois difficiles à expliquer par les scientifiques. Comme la formidable explosion qui eut lieu le 30 juin 1908 en Sibérie à 7h15, près de la rivière Toungouska. Les arbres furent abattus par l'onde de choc jusqu'à 100 km alentour et le bruit fut perçu à 1 500 km de distance !

    On pense qu'il s’agit d’un fragment de comète ou d’un astéroïde qui s’est désintégré à environ 7 km d'altitude. Sa vitesse d'arrivée étant de 15 km/s, la masse de l'objet devait avoisiner les 500 000 tonnes pour un diamètre de 60 m ! L'énergie dégagée correspondrait à 2 000 fois celle de la bombe d'Hiroshima.

    En 2013, une équipe de scientifiques, dirigée par le chercheur Victor Kvasnytsya de la National Academy of Sciences (Ukraine), a trouvé dans les roches piégées dans la tourbe des agrégats de diamant, de lonsdaléite, de graphite, de sulfures de fer, d’alliages de nickel et de fer, de troïlite et de taenite, minéraux caractéristiques d’objets célestes tels que les météorites.

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    L’explosion de l’astéroïde est survenue en 1908 au-dessus de la Toungouska.

    Le 9 octobre 1992 est advenu un rarissime phénomène dans la ville de Peekskill (État de New York) : une météorite est, en effet, tombée… sur l’arrière d’une Chevrolet Malibu ! D’un poids de 12,4 kg, elle a défoncé le coffre de la voiture à la vitesse de 270 km/h en produisant un bruit fracassant. Le propriétaire, qui venait juste d’acheter sa voiture pour 300 dollars, a revendu la météorite 10 000 dollars !

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    Météorite de Peekskill (masse noire visible au sol devant le bâton tenu par le propriétaire du véhicule).

    Classification simplifiée des météorites terrestres

    Le classement des météorites, effectué par les scientifiques, est assez complexe. Pour faire simple, disons qu’on peut les regrouper en 3 grandes familles.

    La première est constituée des météorites pierreuses ou lithoïdes (ce sont les plus nombreuses, représentant 92,8 % du total). Cette famille se répartit, d’une part, en chondrites (92,3% des météorites pierreuses) - les chondres sont des granules renfermant du verre, des silicates (olivine et pyroxène) et du sulfure de fer - et, d’autre part, en achondrites (7,7%). La météorite de L’Aigle est de type chondrite L6, la lettre L pour Low (signifiant « bas » en anglais) indique qu’elle contient peu de fer.

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    Coupe d’un des fragments de météorite ramassés à L’Aigle et montrant la présence de granules de sulfure de fer, appelés chondres.

    La deuxième famille est celle des météorites ferreuses ou sidérites (5,7 %), composées presque exclusivement d'un alliage de fer et de nickel.

    Enfin, la troisième famille est constituée des météorites mixtes ou sidérolithes (1,5 %), dans la composition desquelles le ferro-nickel et les minéraux silicatés entrent à parts égales. Les plus connues sont les pallasites qui contiennent des cristaux d’olivine (silicate de fer et de magnésium) noyés dans le métal.

    Comment reconnaître une météorite ?

    Statistiquement, les chances de trouver une véritable météorite sont extrêmement faibles, sauf si l’on assiste en direct à sa chute et que l’on se trouve à proximité du point d’impact. Ou bien si l’on connaît précisément la zone d’impact, comme c’est le cas à L’Aigle grâce à la précision de l’ellipse de chute.

    Chaque année, les conservateurs des musées français (et plus particulièrement ceux du Muséum national d’histoire naturelle à Paris) sont sollicités par de nombreuses personnes pensant avoir recueilli au sol une vraie météorite.

    Malheureusement pour la plupart de ces découvreurs, il s'agit le plus souvent d’autres choses : rognon de marcassite (c’est le minéral le plus souvent confondu visuellement avec les météorites car il est de couleur brune ; en revanche, contrairement aux météorites, il est recouvert de nombreuses bosses, se trouve en groupe et ne fait pas sonner les détecteurs puisqu’il ne contient pas de métal), éclats d’obus, cristaux de pyrite, concrétions d'oxydes de fer (appelées hot rocks, « pierres chaudes » ou « pierres qui sonnent »), magnétite (dont la couleur est sombre), scories de fonderie appelées « laitiers » (qui sont très légers et possèdent des sortes de trous d’éponge en surface), galets de basalte roulés par les eaux ou les glaciers… et même parfois morceaux de satellites artificiels, dont il existerait aujourd’hui 200 000 débris artificiels de plus d’un kilo, tournant autour de notre planète et susceptibles de retomber un jour sur Terre !

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    Ces deux éléments sont très souvent confondus avec une météorite : le rognon de marcassite (à gauche) et la scorie de fonderie, appelée « laitier », qui possède des sortes de trous d’éponge en surface.

    On peut identifier une météorite en fonction de trois caractéristiques principales. D’abord, elle est recouverte d'une croûte de fusion noire ou marron foncé, assez lisse et brillante, provenant des hautes températures rencontrées lors de son entrée dans l'atmosphère. Ensuite, elle comporte des minéraux métalliques, ce qui la rend magnétique et donc repérable au détecteur de métaux. Mais cela ne suffit pas : il faut aussi vérifier qu’elle soit attirée par un aimant, car toutes les météorites contiennent du fer. Enfin, elle est très dense, ce qui se traduit par un poids beaucoup plus élevé que celui d’un caillou de même taille.

    Prochain article (partie 4) : « Les vertus porte-bonheur des météorites ».

  • ACTUALITÉS

    VIENT DE PARAÎTRE

    Une histoire des chasseurs de trésors

    De la Renaissance à nos jours, sur terre et sous les eaux

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    Éditions du Trésor – 222 pages – 18 euros

    Disponible sur www.amazon.fr, www.fnac.fr et en librairies


    Ce livre, écrit par l'historien et docteur en archéologie Jean-Pierre Moreau, est vraiment original. C'est, en effet, le premier ouvrage de langue française qui met en avant les principaux chercheurs de trésors du monde entier, de l'époque préhistorique à aujourd'hui : que ces chercheurs soient des chasseurs professionnels, des archéologues aguerris ou encore des détectoristes munis de leurs poêles à frire !

    Cet imposant travail de recherche donne un livre passionnant, qui se lit comme un roman. L'auteur n'hésite pas à présenter de superbes découvertes qui ont été faites ou des trésors qui restent à découvrir (dont certains mythiques), mais il met aussi en garde ses lecteurs sur les arnaques qui fleurissent dans le monde des chasseurs de trésors.

    J'ai fortement apprécié la conclusion du livre, dans laquelle Jean-Pierre Moreau montre que les deux mondes qu'on oppose souvent – celui des archéologues et celui des détectoristes – pourraient non seulement être réconciliés mais aussi se rapprocher, à condition de bien respecter la législation, comme le montre l'extrait significatif ci-après.

    Extrait

    « J'ai moi-même suivi quelques détectoristes en Seine-et-Marne prospectant dans les champs. Il faut se baisser et creuser des centaines de fois avant de dénicher une pièce de monnaie intéressant les numismates, au milieu de divers débris métalliques et des boîtes de conserve. Et des années de recherche pour trouver, ou pas, un pot renfermant une collection de pièces plus ou moins bien conservées. Quant à découvrir un site archéologique homogène, comme une tombe ou des habitations, c'est encore plus aléatoire. Les détectoristes creusent rarement au-delà de 30 centimètres dans des champs retournés régulièrement par des engins agricoles, qui s'enfoncent bien plus profondément dans la terre, pour les labours profonds. Mais le risque existe, en particulier dans les zones non cultivées, et c'est pour se préserver de ce risque que la recherche archéologique entend contrôler au maximum l'utilisation des détecteurs. Mais les nuisances éventuelles apportées par les détectoristes me semblent infimes (sauf s'ils détectent illégalement dans des zones protégées) en comparaison avec les pillages organisés au niveau mondial, parfois par des mafias, dans des pays en guerre (Syrie, Irak ... ) ou pas (Pérou, Colombie ... ) au profit de grands antiquaires ayant pignon sur rue. En conclusion, il n'est pas possible d'être officiellement chercheur de trésors dans le domaine terrestre en France. Toutefois, les autorités archéologiques accueillent volontiers tout projet de prospection, à condition qu'il soit bien argumenté scientifiquement et que le candidat, même sans formation archéologique académique, soit à même de rendre compte de ses travaux. Le plaisir de la découverte et de faire croître l'arbre de la connaissance est ouvert à tous. li y a une vingtaine de DRAC (ou équivalents) en métropole et dans les départements et territoires d'outre-mer. C'est auprès d'eux qu'il faut présenter un dossier.

    Concernant le domaine sous-marin, sauf à démontrer ses titres de propriété, toute découverte archéologique dans la mer appartient à l'État. Le Code du patrimoine, article L. 532-2 le dit clairement: « Les biens culturels maritimes situés dans le domaine public maritime dont le propriétaire n'est pas susceptible d'être retrouvé appartiennent à l'État. » En revanche l'article L. 532-6 »· stipule qu'une compensation est prévue : « Toute personne qui a découvert et déclaré un bien culturel maritime dont la propriété est attribuée à l'État [...] peut bénéficier d'une récompense dont la nature ou le montant est fixé par l'autorité administrative. » Il est donc rigoureusement impossible en France d'être chasseur de trésors sous-marin professionnel. Ceux qui vivent de cette activité le font tout à fait illégalement ou obtiennent des contrats dans des pays qui n'ont pas encore adopté la recommandation de l'Unesco de 2001 sur la protection du patrimoine culturel subaquatique. On peut citer Cuba, l'Indonésie, les Philippines... L'Unesco recommande bien qu'une collection d'objets découverte sur un site ne soit pas séparée, vendue ni exportée. Difficile dans ce cas à tout chercheur de trésors de rentabiliser son investissement en vendant, en général à l'étranger, là où les prix risquent d'être les plus élevés, une partie de ses découvertes. Pour les amateurs, toute demande de prospection subaquatique doit être adressée au service spécialisé du ministère de la Culture, qui relève de la direction de l'architecture et du patrimoine, sous-direction de l'archéologie : le DRASSM (147, plage de l'Estaque - 13016 Marseille) ».

    Autres ouvrages de Jean-Pierre Moreau

    1987 - Un flibustier français dans la mer des Antilles, 1618-1620, d'après le manuscrit n°590 de la Bibliothèque Inguimbertine de Carpentras. Préface de Jean Meyer de l'Université Paris Sorbonne (Prix Robert de la Croix 1988, Médaille de l'Académie de Marine 1989).

    1988 - Guide des trésors archéologiques sous-marins des Petites Antilles d'après les archives anglaises, espagnoles, françaises des XVIe, XVIIe, XVIIIe siècles. Préface de Jean Boudriot, Musée de la marine.

    1992 -Les Petites Antilles de Christophe Colomb à Richelieu, 1493-1635, Préface de Frédéric Mauro, Professeur émérite de l'Université de Nanterre et de l'Institut des hautes études d'Amérique latine, Éditions Karthala.

    2006 - Pirates, flibuste et piraterie dans la Caraïbe et les mers du sud, 1522-1725. Préface de Paul Butel, Professeur émérite de l'université de Bordeaux. Postface de Philippe Hrodej, Maître de conférences à l'université de Brest. Éditions Tallandier.

    2007 - Une histoire des pirates des mers du sud à Hollywood, Points Seuil.

    2009 - Pirates au jour le jour, Éditions Tallandier.