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CHASSES AUX TRÉSORS

  • MONNAIES ANTIQUES (4)

    Attention aux fausses monnaies antiques ! (4-fin)

    Par Jacques MANDORLA

    Auteur du livre « 60 trésors fabuleux à découvrir »

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    Éditions Trajectoire - 272 pages - 356 illustrations en couleurs - 25 € - Livre disponible sur www.amazon.fr, www.fnac.fr et en librairie

    Attention aux faussaires sur Internet !

    Je suis souvent tombé, dans des brocantes, sur des fausses pièces. Ainsi, un jour, lors d’une foire place de la Bastille à Paris, un dollar en argent, daté de 1804 avec le mot « Liberty », attire mon attention car il me semble rare. Je l’achète immédiatement. Tout excité, je rentre précipitamment chez moi consulter le World Coins Catalog, la bible des monnaies du monde entier qui me révèle que cette pièce, dénommée « Heraldic Eagle », est rare. Et même rarissime puisqu’il n’en existe, selon ce catalogue, que 15 exemplaires connus ! Je doute être entré en possession du 16e exemplaire : le mien provient certainement de l’officine d’un faux-monnayeur. Pas de chance.

    Une autre fois, lors d’un voyage au Maroc, je repère une imitation d’un thaler de Marie-Thérèse, l’impératrice d’Autriche. Cette monnaie est tellement appréciée dans les pays arabes qu’elle a continué d’être émise après 1780 (son dernier millésime officiel) jusqu’à l’an 2000 ! Depuis sa mise sur le marché en 1741, ce thaler de Marie-Thérèse a été frappé à près de 400 millions d’exemplaires, ce qui explique que sa cote soit vraiment faible : entre 10 et 20 euros seulement. Or, l’imitation que je découvre dans le souk de Marrakech est digne de figurer dans le musée des horreurs numismatiques : elle est grossièrement copiée (avec des fautes d’orthographe !) et surtout réalisée dans un métal de très mauvaise qualité (« de mauvais aloi » disent les numismates).

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    À gauche, avers d’un véritable thaler de Marie-Thérèse en argent. À droite, avers d’une copie dramatiquement médiocre, réalisée au Maroc dans un métal de très mauvaise qualité.

     

    Dans les années 1970, la compagnie pétrolière BP (British Petroleum), en échange d’un plein dans ses stations-service, a inondé le marché français d’imitations de monnaies antiques ou de rois de France. On trouve beaucoup de ces monnaies en détection et, parfois, dans des endroits reculés de la campagne française où on ne les attendrait pas. En revanche, on ne peut pas reprocher à BP de tromper les consommateurs puisqu’au revers de chacune des pièces figure une mention publicitaire « Le trésor des rois de France - Collection BP », « Le trésor des pirates - Collection BP », « Le trésor des monnaies anciennes ou antiques - Collection BP ».

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    Cette imitation de l’écu de Louis XIV, distribuée à grande échelle dans les stations services françaises, ne trompe pas les consommateurs car elle porte la mention publicitaire « Le trésor des rois de France - Collection BP ».

    Dans les années 1980, la même démarche marketing a aussi eu lieu avec le magazine Sélection du Reader's Digest. Seule différence : cette revue ne mentionnait pas du tout son nom sur se monnaies, dont la plus célèbre fut le faux ducat autrichien de 1752.

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    Faux ducat autrichien de 1752, émis dans les années 1980 par le magazine "Sélection du Reader's Digest"... qui n'a pas mentionné son nom sur la monnaie !

     

    De nos jours, le phénomène le plus inquiétant est le développement du faux-monnayage sur Internet : depuis une dizaine d’années, on voit en effet un nombre croissant de faux apparaître sur des sites marchands, principalement sur eBay, leader mondial de la vente aux enchères.

    Certains aigrefins ont mis au point une méthode qui trompe pas mal de personnes intéressées par l’achat de monnaies antiques. Ils commandent d’abord sur Internet, à quelques dizaines d’euros la pièce, des copies modernes de monnaies antiques à des sociétés (qui sont souvent américaines) : ces dernières ne trompent cependant pas leurs clients puisque toutes leurs pièces portent la mention « COPY ». Les arnaqueurs grattent délicatement ce mot sur les monnaies qu’ils font ensuite repatiner artificiellement en vert auprès d’artisans spécialisés, puis revendent les pièces trafiquées 20 à 30 fois plus cher !

    Ainsi, un jour, j’ai pu voir une monnaie, censée avoir été frappée sous l’empereur Postume, un général gaulois qui se fit proclamer empereur en Gaule et régna entre 260 et 269 après J.-C., être emportée pour une enchère de 605 euros. Alors qu’elle n’avait coûté qu’une vingtaine d’euros à son vendeur !

    Si vous vous être fait avoir, n’hésitez pas à contester : les arnaqueurs, ne souhaitant pas aller au conflit afin de pouvoir continuer leur « business », remboursent alors immédiatement leurs acheteurs, en prétextant, sans gêne, qu'ils ignoraient que c'était des copies !

    Alors soyez vigilant et ne vous faites pas avoir !

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    En haut, copie d’un sesterce de l’empereur Postume avec la mention « COPY » sur le revers (bien visible en bas à gauche des lettres AUG) d'une valeur de 20-30 euros. Dessous, après suppression du mot « COPY », la même monnaie repatinée artificiellement en vert, afin de la « vieillir » : elle a été vendue 605 euros sur Internet !

  • MONNAIES ANTIQUES (3)

    Attention aux fausses monnaies antiques ! (3)

    Par Jacques MANDORLA

    Auteur du livre « 60 trésors fabuleux à découvrir »

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    Éditions Trajectoire - 272 pages - 356 illustrations en couleurs - 25 € - Livre disponible sur www.amazon.fr, www.fnac.fr et en librairie

    Bien faire la différence entre fausses monnaies et imitations

    Si les fausses monnaies sont destinées à tromper le public et les collectionneurs, et sont donc, à ce titre, condamnables, il faut savoir que les imitations sont considérées comme des monnaies à part entière car elles s’inspirent de modèles prestigieux.

    C’est le cas, par exemple, des statères gaulois en or ou en électrum qu’on trouve en Gaule au Ier siècle avant Jésus-Christ : presque tous ont imité le statère d'or de Philippe II de Macédoine (382-336 av. J.-C.), le père du célèbre Alexandre. Philippe II a fait frapper cette monnaie tout au long de son règne, c’est-à-dire entre 359 et 336 avant Jésus-Christ. À l’avers apparaît la tête laurée d’Apollon à droite et au revers un bige (chariot antique tiré par deux chevaux) avec la légende en grec “Philippou” (de Philippe). Sous les chevaux, on aperçoit le dessin d’un vase appelé « kantharos », récipient lié au culte de Dionysos, le dieu du vin. Ce symbole, que les numismates nomment « différent », indique que la monnaie a été frappée dans l’atelier de Pella, capitale de la Macédoine.

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    Le statère macédonien, monnaie d’or créée par Philippe II, est devenu si célèbre qu’il fut ensuite imité dans de nombreux autres pays. Ce statère, d’un poids de 8,5 g pour un diamètre de 19 mm, cote 3 000 euros environ.

     

    Les statères d'or de Philippe II de Macédoine ont ensuite été rapportés en Gaule par des mercenaires ayant combattu pour le roi grec. Les premières tribus à en avoir fait des imitations assez fidèles semblent être les Arvernes, vivant en Auvergne, ainsi que les Parisii, résidant à Lutèce.

    Au fil des années et des imitations, on constate que les statères gaulois s’éloignent de plus en plus du modèle macédonien et que leur poids s’allège, passant de 8,5 g à 7,6 g.

    Ainsi, sur les statères des Parisii, à l'avers la tête d'Apollon devient de plus en plus abstraite et présente une « volute » devant le visage. Quant au bige du revers, il se transforme progressivement en un seul cheval bondissant à gauche, très stylisé, avec des globules sous l’animal, formant un cercle dans lequel certains y voient la roue du char.

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    Une imitation du statère d’or de Philippe II : le statère des Parisii, peuplade gauloise vivant à Lutèce et dans ses environs. Ce statère gaulois des Parisii, d’un poids de 7,4 g pour un diamètre de 24 mm, a été frappé vers 70 avant Jésus-Christ et cote entre 5 000 et 10 000 euros en qualité superbe !

     

    Puis, la technique de l’imitation des monnaies va stagner pendant de nombreux siècles. Jusqu’à la Renaissance, époque au cours de laquelle il est alors de bon ton, parmi les rois et les princes, de constituer, au sein de sa bibliothèque, un « cabinet des antiques » comportant des monnaies grecques et romaines. Pour répondre à cette forte demande, de véritables artistes se lancent alors dans la création et la fabrication de ces pièces « à la manière de ».

    Le plus célèbre d’entre eux est le graveur italien Giovanni Cavino, habitant Padoue : entre 1530 et 1570, il a réalisé de superbes imitations de sesterces et de médaillons romains, nommés « padouans » en hommage à sa ville natale. Il a même, sans aucune vergogne, « inventé » de nombreux sesterces, comme par exemple celui à l’effigie de Jules César et portant sa célèbre déclamation, faite devant le Sénat à Rome : « Veni, Vidi, Vici » (« Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu »). Or cette monnaie n’a jamais existé dans l’Empire romain ! Les padouans de Giovanni Cavino sont très recherchés des collectionneurs : le Cabinet des Médailles de la Bibliothèque nationale de France à Paris possède une rarissime collection de 122 coins monétaires différents créés par Cavino.

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    Sesterce « padouan », à l’effigie de Jules César, créé vers 1550 par l’Italien Giovanni Cavino avec, au revers, la célèbre déclamation faite par le général romain devant le Sénat. Cette monnaie n’a jamais existé dans l’Empire romain !

     

    Deux siècles et demi plus tard, l’Allemand Carl Becker a produit, entre 1800 et 1830, de très belles imitations de monnaies grecques, romaines, wisigothiques, mérovingiennes et carolingiennes. Professionnel de la vente d'authentiques monnaies antiques, Becker a fini par créer des imitations afin, a-t-il avoué sans gêne, « de fournir aux collectionneurs de bonnes et belles copies de monnaies intéressantes, car les originaux sont hors de prix » !

    Pour que ses pièces se distinguent au premier coup d’œil et attirent l’attention des collectionneurs, Becker n’hésite pas à inventer des revers inédits, comme le faisait l’Italien Giovanni Cavino avant lui. Il parvient même à donner à ses monnaies une patine « à l’ancienne » en les plaçant dans un sac contenant de la graisse et de la limaille de fer, qu’il accroche sous son carrosse et promène dans ses déplacements ! Becker fut un créateur infatigable : au cours de sa carrière, il a en effet conçu 340 monnaies différentes et totalement originales !

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    Denier d’argent, conçu vers 1820 par l’Allemand Carl Becker, à l’effigie de Néron et de sa mère Agrippine, que le dictateur romain n’hésitera pas à faire assassiner.

    Dans le prochain article : « Attention aux faussaires sur Internet ! ».

  • MONNAIES ANTIQUES (2)

    Attention aux fausses monnaies antiques ! (2)

    Par Jacques MANDORLA

    Auteur du livre « 60 trésors fabuleux à découvrir »

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    Éditions Trajectoire - 272 pages - 356 illustrations en couleurs - 25 € - Livre disponible sur www.amazon.fr, www.fnac.fr et en librairie

    L’imagination débordante des faussaires

    Si Crésus a trouvé momentanément la parade pour écarter les faux-monnayeurs, ces derniers ont toujours été très créatifs : voici les principales techniques qu’ils ont utilisées, à travers les siècles, pour fabriquer de fausses monnaies.

    Polycrate, tyran grec qui a régné sur l’île de Samos vers 530 av. J.-C., est le premier faussaire connu. Il fait frapper des monnaies dont l’intérieur (appelé « flan » ou « âme ») est réalisé en cuivre ou en plomb qu’il fait ensuite plonger dans un bain d’or ou d’argent afin de la recouvrir d’une fine pellicule ! Ces monnaies sont dites « saucées ». Si l’âme est recouverte manuellement d’un métal noble, on parle de monnaie « fourrée ». Dans l’Antiquité, les contrôleurs, lorsqu’ils avaient le moindre doute à propos d’une pièce, n’hésitaient pas à la couper à la cisaille pour vérifier si elle était fausse ! Puis, pour éviter qu’elle ne soit remise en circulation, ils la perçaient d’un trou très visible (certains auteurs ont pensé, par erreur, que ce trou avait été créé afin de porter la pièce en pendentif autour du cou).

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    Faux statère grec : la pièce a été coupée à la cisaille, faisant apparaître un métal de faible valeur sous la mince feuille d’argent en surface. Puis, pour éviter qu’elle ne soit remise en circulation, on l’a percée d’un trou.

     

    Le faussaire le plus célèbre de l’Antiquité est le philosophe Diogène (413-327 av. J.-C.) : dans sa cité de Sinope, située au bord de la mer Noire (au nord de l’actuelle Turquie), il a été accusé de fabriquer de la fausse monnaie avec son père… qui exerçait le métier de banquier ! Pour échapper à la prison, Diogène doit se sauver : il se réfugie alors à Athènes où il va vivre dans le dénuement le plus total. Déambulant toujours pieds nus, quelle que soit la saison, il dort dans un gros tonneau en terre cuite et parvient à survivre tant bien que mal en faisant la mendicité.

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    Le philosophe Diogène fut le plus célèbre faux-monnayeur de l’Antiquité (tableau de Jean-Léon Gérôme - 1860 - Walters Art Museum, Baltimore, USA).

     

    Pendant la période dite de la « République romaine », qui s’étale de 509 à 27 av. J.-C., apparaît le denier d’argent dentelé, nommé « denier serratus » (« serratus » signifiant « scié » en latin) dont le pourtour comporte de nombreuses entailles, créées volontairement afin d’empêcher les tricheurs de rogner le métal argent et de fondre ensuite la poudre ainsi récoltée !

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    « Denier serratus » de Marius Capito, frappé en 80 av. J.-C.

     

    Autre technique très utilisée par les faux-monnayeurs dans le but de tromper les collectionneurs : créer des types monétaires totalement inédits comme, par exemple, des monnaies avec le portrait de Périclès ou d’Hannibal, alors que ces personnages n’ont jamais été officiellement représentés sur des monnaies !

    Les faussaires ont mis au point deux techniques : soit ils effacent le revers à coup de marteau, puis frappent un nouveau revers à l’aide d’un coin original, soit ils coupent deux monnaies antiques dans l’épaisseur de leur tranche, assemblent l’avers de l’une avec le revers de l’autre qu’ils soudent ensuite ensemble. Le tour est joué !

     

    Les faussaires risquent gros !

    Les sanctions contre les faux-monnayeurs ont toujours été implacables, quelles que soient les époques.

    Sous l’empereur romain Constantin (272-337 après J.-C.), ils étaient brûlés vifs. Au Moyen Âge, dans toute l’Europe, ils étaient ébouillantés puis pendus (une double peine, en quelque sorte !) : en effet, les rois ayant seuls le droit de battre monnaie, toute contrefaçon était alors considérée comme un crime de lèse-majesté.

    Puis, en France, après la Révolution, le châtiment est fonction du type de monnaie. Celui qui fait de la fausse monnaie d’or ou d’argent est condamné à la peine de mort, à laquelle s’ajoute la confiscation générale de ses biens. S’il crée de la fausse monnaie en cuivre ou en billon (alliage de cuivre et d’argent), il est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Après 1832, le châtiment se transforme en peine de perpétuité au bagne.

    De nos jours, les peines sont encore lourdes : l’article 442-1 du Code pénal stipule que « tout faux-monnayeur peut être condamné à 30 ans de réclusion criminelle et à 450 000 euros d'amende pour la contrefaçon ou la falsification des pièces de monnaie ou des billets de banque ayant cours légal en France ou émis par les institutions étrangères ou internationales habilitées à cette fin ».

    Dans le prochain article : « Bien faire la différence entre fausses monnaies et imitations ».

  • MONNAIES ANTIQUES (1)

    Attention aux fausses monnaies antiques ! (1)

    Par Jacques MANDORLA

    Auteur du livre « 60 trésors fabuleux à découvrir »

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    Éditions Trajectoire - 272 pages - 356 illustrations en couleurs - 25 € - Livre disponible sur www.amazon.fr, www.fnac.fr et en librairie

     

    Les faux-monnayeurs ont débuté leurs arnaques peu après la création des premières monnaies, au VIe siècle avant Jésus-Christ. Depuis, cette pratique ne s’est jamais ralentie ! En voici les exemples les plus spectaculaires.

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    Sur cette gravure de Lischaner (1872), on voit des faux-monnayeurs surpris par l’arrivée de la police. À l’époque, ils étaient systématiquement condamnés à la peine de mort !

    Avant l’invention de la monnaie, les hommes ne commerçaient entre eux qu’au moyen du troc : on échangeait un âne contre trois moutons, par exemple. Puis on est passé de l’échange d’animaux à celui d’objets, appelés « pré-monnaies », prenant différentes formes : coquillages (essentiellement ceux de la variété des cauris), rouelles (anneaux métalliques à rayons), haches de pierre ou de bronze, bijoux…

    La légende de Midas

    Le véritable début de l’histoire de la monnaie est lié à une légende, celle de Midas, roi de Phrygie et de Lydie, une région située à l’ouest de l’actuelle Turquie. Selon cette légende, Midas avait obtenu du dieu Silène le don extraordinaire de changer en or tout ce qu’il touchait. Mais ce pouvoir l’empêchant de manger et de boire, il demande à perdre ce don. Silène lui ordonne de se laver les mains dans les eaux du fleuve Pactole, qui arrose Sardes, la capitale du royaume : l’eau se met alors à charrier de grosses paillettes d’or ! De cette histoire est né le terme « pactole » qui désigne une importante somme d’argent et qu’on retrouve dans l’expression « toucher le pactole ».

    Cette légende n’est pourtant pas entièrement inventée. Elle repose sur une réalité : dès le VIe siècle avant J.-C., dans les sables du fleuve Pactole et dans les montagnes de Lydie, les habitants trouvaient des « globules », petits amas composés d’un alliage naturel d’or (70%) et d’argent (30%), appelé « or blanc » par les Grecs anciens et, plus tard, « électrum » par les spécialistes.

    Cette pré-monnaie annonce la création des premières pièces, mais aussi l’apparition des premiers faux-monnayeurs qui mettent au point une astuce très simple : ils fondent des globules d’électrum afin de séparer l’or de l’argent, puis réalisent de nouveaux globules en inversant les proportions (30% d’or et 70% d’argent), ce qui leur permet d’encaisser au passage une importante plus-value !

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    L’ancêtre des monnaies est le « globule », composé d’un alliage naturel d’or (70%) et d’argent (30%), appelé « or blanc » par les Grecs anciens et « électrum » par les spécialistes.

    L'idée géniale du roi Crésus

    Pour détecter ces globules « trafiqués », les rois de Lydie trouvent alors une parade étonnante : ils décident d’utiliser une pierre calcaire du pays, appelée aujourd’hui « pierre de touche » mais longtemps connue sous le nom de « pierre de Lydie ». En effet, on s’est rendu compte qu’il suffit de frotter un globule sur l’une de ces pierres, puis de verser une goutte d’acide sur la trace ainsi faite, pour connaître la teneur en or du globule, car elle est fonction de la coloration obtenue. Avec cette technique, le trafiquant est démasqué à coup sûr !

    Mais la trouvaille la plus intéressante est faite par Crésus, le dernier roi de Lydie (596-546 av. J.-C.). Pour faire cesser définitivement le trafic de globules, il trouve une idée géniale qui va révolutionner l’histoire de la monnaie : il impose de ne plus mettre en circulation les globules tels qu’ils sortent des sables du fleuve Pactole ou des montagnes de Lydie, mais de les marquer sur leurs deux faces. La première face (nommée « avers » ou « droit ») porte une empreinte en relief, réalisée à l’aide d’une matrice imprimée en creux (appelée « coin »), inventée spécialement par Crésus. L’autre face (« revers ») porte une empreinte en creux, faite à l’aide d’un poinçon appelé « trousseau ».

    Crésus invente ainsi, vers 580 av. J.-C, le premier système monétaire en créant les statères d’or et d’argent auxquels il leur donne son nom : le créséide. À l’avers figurent deux protomés (bustes) de lion et de taureau qui s’affrontent. Au revers, des carrés en creux. Ces monnaies sont, par ailleurs, dites « anépigraphes », c’est-à-dire qu’elles ne possèdent aucun texte de légende. La création de ces monnaies a fini par enrichir tellement le roi qu’elle a laissé une expression populaire dans l’inconscient collectif : « Être riche comme Crésus » ! En réalité, ce dernier ne thésaurise pas tout son or, mais utilise une partie de sa fortune pour faire des offrandes somptuaires au temple d’Apollon à Delphes. L’historien Hérodote, qui vécut un siècle après Crésus, nous a laissé une description de ces offrandes : « Crésus fit fondre quantité d’or pour en tirer 113 demi-briques pesant chacune 2 talents (52 kg) et 4 de 2,5 talents (65 kg). Il fit aussi déposer une statue de lion en or affiné qui pesait 10 talents (260 kg), un cratère (grand vase) en or et un en argent pesant chacun 8,5 talents (220 kg) et une statue de femme en or haute de 3 coudées (1,32 m) ».

    Les monnaies inventées par Crésus vont inspirer de nombreux chefs d’État : rien qu’en Grèce antique, 600 rois et 1 400 cités frapperont leurs propres monnaies, en y ajoutant leur emblème spécifique (Pégase pour Corinthe ou une chouette pour Athènes, par exemple) ! Puis, la plupart des États et des villes du pourtour méditerranéen adopteront cette pratique ! trésor,livre,mandorla,détection,chasse,découverte,épave,or,météotite,inventeur Statère d’or (créséide) créé par Crésus : à l’avers, deux protomés (bustes) de lion et de taureau s’affrontent. Au revers, des carrés en creux. Un exemplaire de ce type a été vendu aux enchères en 2007 pour 8 000 francs suisses (environ 6 600 euros).

    Dans le prochain article : "L’imagination débordante des faussaires"

  • MÉTÉORITES (6)

     Les météorites (partie 6/6 – Fin)

    Par Jacques MANDORLA

    Auteur du livre « 60 trésors fabuleux à découvrir »

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    Deux découvertes récentes et exceptionnelles

    Ces dernières années, deux énormes météorites ont été trouvées : l’une en France par un détectoriste, l’autre en Russie juste après sa chute.

    Juin 2010 (France) : une météorite de 364 kg trouvée dans les Ardennes

    Un détectoriste français, Jean-Luc Billard, orpailleur professionnel habitant dans le Gard, prospectant dans la forêt domaniale du Mont-Dieu (arrondissement de Sedan, département des Ardennes), a sorti de terre une météorite ferreuse, de type « sidérite octahédrite » (à base de fer et à faible teneur en nickel), pesant 364 kg !

    Il avait décidé d’aller prospecter dans cette forêt car elle avait déjà été le théâtre de deux très belles découvertes dans un passé récent : en 1994, un ensemble de 51 fragments de météorite (pesant 360 kg au total) et, en 2004, un unique bloc de 435 kg !

    La boutique Carion Minéraux à Paris propose un important fragment, trouvé en 1994 et de dimensions 14x12x0,7 cm pour un poids de 1,242 kg, au prix de 3 600 euros, soit 3 euros environ le gramme.

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    Important fragment de météorite trouvé en 1994 dans la forêt domaniale du Mont-Dieu (Ardennes). De dimensions 14x12x0,7 cm et d’un poids de 1,242 kg, il est proposé à 3 600 euros par Carion Minéraux.

    Certains spécialistes pensent que l’explosion de la météorite a pu avoir lieu au-dessus de la forêt (car il n’y a aucune trace de cratère au sol) à la fin du XIXe siècle.

    Quinze jours après la découverte, le Préfet des Ardennes annonce à Jean-Luc Billard que la météorite revient à l’État, puisque la forêt domaniale lui appartient ! L’inventeur, alors qu’il a juridiquement droit à la moitié de la valeur de la météorite, assigne le Préfet devant le Tribunal de Grande Instance de Charleville-Mézières. Le 18 avril 2014, c’est la surprise : le Tribunal accorde à Jean-Luc Billard l’entière propriété de la météorite et ordonne au Préfet de la lui restituer ! Ce qui a été fait.

     

    Octobre 2013 (Russie) : une météorite de 570 kg récupérée dans un lac gelé

    Le matin du 15 février 2013, un astéroïde énorme (de 17 m de diamètre environ et d’un poids estimé de 12 000 tonnes) explose à 20 km d’altitude au-dessus de Tcheliabinsk. L’onde de choc pulvérise vitres et fenêtres, dont les éclats blessent un millier de personnes (la déflagration a émis une énergie équivalente à 30 bombes atomiques d’Hiroshima) !

    De nombreux morceaux de l’astéroïde sont tombés au sol, mais le plus gros a percé un trou de 6 m de diamètre dans la surface glacée du lac Tchebarkoul. Il a été récupéré le 16 octobre par une équipe de l'université fédérale de l'Oural, à 20 m de profondeur ! La météorite, d’un poids 570 kg, est classée « chondrite ordinaire » et contient des minéraux silicatés.

    Afin de fêter le premier anniversaire de la chute de cette météorite sur Terre, le Gouvernement russe a décidé, en février 2014 lors des Jeux Olympiques d’hiver qui ont eu lieu à Sotchi, d’en incruster un fragment dans 7 médailles d’or sur les 98 remises.

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    Un des morceaux de la météorite de Tcheliabinsk a percé un trou de 6 m de diamètre dans la surface glacée du lac Tchebarkoul. Il a été récupéré par une équipe de l'université fédérale de l'Oural, à 20 m de profondeur. Son poids : 570 kg !

    Fin de la série des 6 articles sur les météorites

  • MÉTÉORITES (5)

    Les météorites (partie 5/6)

    Par Jacques MANDORLA

    Auteur du livre « 60 trésors fabuleux à découvrir »

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    Éditions Trajectoire - 272 pages - 356 illustrations en couleurs - 25 € - Livre disponible sur www.amazon.fr, www.fnac.fr et en librairie

    Les principaux lieux d’impact de météorites en France

    Dans notre pays, un peu plus de 70 points de chutes de météorites sont répertoriés, dont celui de la météorite de L’Aigle (Orne), évoquée dans l'article 1/6. Il reste probablement encore beaucoup de fragments dans le sol de ces lieux de chute : voici les plus intéressants à prospecter, classés par ordre de date de contact avec le sol. Attention : il est absolument nécessaire, avant d’entreprendre toute recherche sur place (avec ou sans détecteur de métaux), d’obtenir l’autorisation du propriétaire du terrain.

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    En France, les météorites pesant plus de 100 kg sont rares : la première est celle tombée à Ensisheim (Haut-Rhin) en 1492 et la plus grosse (625 kg) a été ramassée à Caille (Alpes-Maritimes) !

    Vers 1650-1700 à Caille (Alpes-Maritimes) : on rapporte que cette météorite a été découverte par un berger dans le massif de l'Audibergue (dans le sol duquel d’autres fragments doivent encore probablement se trouver), à quelques kilomètres au sud-est du village, puis qu’elle a été tractée jusqu'au village par 4 boeufs. La météorite, pesant 625 kg, a longtemps servi de banc devant l'église puis a été récupérée en 1830 par le Muséum national d’histoire naturelle à Paris. Il s’agit de la plus grosse météorite existant en France.

    8 septembre 1753 à Luponnas (Ain) : deux fragments ont été trouvés dans des champs de Luponnas (9 kg) et de Pont-de-Veyle (5 kg). Il doit peut-être en rester d’autres entre ces deux villages.

    24 juillet 1790 à Barbotan, aujourd’hui Cazaubon (Gers) : cette pluie de météorites figure dans les annales de faits divers car un fermier et plusieurs de ses bêtes ont été tués lors de l’impact !

    5 août 1812 à Chantonnay (Vendée) : chute de météorites au lieu-dit Les Revétissons, dans ce village situé à l'est de La Roche-sur-Yon.

    3 octobre 1815 à Chassigny (Haute-Marne) : il s’agit d’une météorite d’origine martienne. Celles-ci sont beaucoup plus jeunes que les météorites célestes (1,3 milliard d’années contre 4,5) et surtout sont extrêmement rares sur Terre : en 2014, la NASA n'en dénombre que 34 sur les 24 000 météorites répertoriées sur Terre soit 0,14% seulement.

    Les scientifiques classent les météorites martiennes en une famille appelée SNC, divisée en 3 groupes correspondant à chacune des 3 initiales : les shergottites, du nom de la météorite Shergotty, tombée en Inde en 1865, les nakhlites, du nom de la météorite Nakhla découverte en Égypte en 1911 et les chassignites, du nom de la météorite tombée en 1815 en Haute-Marne. Cette dernière contient 91% de fer et possède une belle couleur ocre-orange pâle. Sa chute a eu lieu sur le plateau de Langres. Les morceaux ramassés au sol pesaient 4 kg (mais aujourd’hui il n’en reste plus que 570 g dont un fragment de 376 g au Muséum national d’histoire naturelle à Paris). Il est plus que probable que d’autres fragments de cette rare météorite martienne soient encore enfouis dans les environs de Chassigny.

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    Le Muséum national d’histoire naturelle à Paris détient un fragment de 376 g de la météorite martienne tombée à Chassigny (Haute-Marne) le 3 octobre 1815.

    9 décembre 1858 à Ausson (Haute-Garonne) : près de ce bourg, situé à 12 km de Saint-Gaudens, ont été ramassés trois morceaux de météorite dont un pesant 9 kg.

    14 mai 1864 à Orgueil (Tarn-et-Garonne) : il s’agit d’une chondrite carbonée exceptionnelle car elle contient un gaz rare (xénon) et des poussières de diamants. On n’en connaît que 7 dans le monde, celle tombée à Orgueil étant la plus grosse : le Muséum d’histoire naturelle de Paris en possède un fragment de 10 kg.

    23 juillet 1872 à Lancé (Loir-et-Cher) : une pluie de météorites est tombée sous les yeux d’un vigneron et de son fils. Le plus gros morceau, d’un poids de 47 kg, est aujourd’hui exposé au Muséum national d'histoire naturelle de Vienne, en Autriche.

    10 juillet 1914 à Saint-Sauveur (Haute-Garonne) : en juillet 1914, chute d’une météorite de 14 kg dans le champ d’Antoine Esculié, situé à 1 500 m au sud du village. Le propriétaire en a fait don au Muséum de Toulouse.

    26 novembre 1934 à Bettrechies (Nord) : un agriculteur du nom d’Oscar Saussez aperçoit une météorite dans son champ, à 60 m seulement de la frontière belge. À son retour de la Gendarmerie où il est allé déclarer la trouvaille, la météorite a disparu ! Elle avait été volée par des adolescents de la commune ! Elle est aujourd’hui visible au Musée d’histoire naturelle de Lille, pèse 11 kg et contient 27% de fer.

    27 juin 1966 à Saint-Séverin (Charente) et Allemans (Dordogne) : une météorite pierreuse a explosé en vol au-dessus de ces communes, situées à cheval sur deux départements limitrophes. Deux jours plus tard, huit fragments (271 kg au total) ont été collectés sur place, dont le plus important pèse 113 kg. Il est fort probable que de nombreux autres morceaux, de petite taille, soient encore enfouis sur le parcours délimité par les 8 points d’impact (voir la carte).

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    Localisation des 8 fragments (de A à H) de la météorite qui a explosé au-dessus de Saint-Séverin et Allemans le 27 juin 1966. D’autres fragments sont encore probablement enfouis sur le parcours délimité par ces 8 points d’impact.

    30 juillet 1978 à Bouvante (Drôme) : lors d'un pique-nique en famille sur les berges du lac du village, un policier découvre une pierre de 8,3 kg qui sera identifiée par le géologue François Kraut comme étant une météorite.

    DERNIÈRE MINUTE : 2 chutes de météorites en 2017 dont les lieux exacts d'impact restent à préciser

    Le réseau de détection de météorites, installé en France en 2017 sous le nom anglo-saxon de FRIPON (Fireball Recovery InterPlanetary and Observation Network, "Réseau de récupération de boules de feu et d'observation interplanétaire") quadrille désormais le territoire métropolitain avec une centaine de caméras grand champ, filmant à 360°, 24h sur 24. Pourtant, il n'a pu localiser précisément deux chutes récentes de météorites : l'une signalée en avril 2017 près de Saint-Germain-Laval (Seine-et-Marne) et l'autre en août de la même année près de La Ferté-Saint-Cyr (Loir-et-Cher) ! Détectoristes : à vous de jouer !

    Prochain article (partie 6/6 - Fin) : « Deux découvertes récentes et exceptionnelles ».

  • MÉTÉORITES (4)

    Les météorites (partie 4/6)

    Par Jacques MANDORLA

    Auteur du livre « 60 trésors fabuleux à découvrir »

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    Éditions Trajectoire - 272 pages - 356 illustrations en couleurs - 25 € - Livre disponible sur www.amazon.fr, www.fnac.fr et en librairie

    Les vertus porte-bonheur des météorites

    Depuis l’Antiquité, les météorites ont toujours fasciné les peuples. Ainsi, dans la tombe de Toutankhamon, découverte par Howard Carter en 1922 dans la vallée des Rois en Egypte, on a trouvé une dague en fer météoritique. On sait aujourd’hui que ce fer venu de l’espace possède la caractéristique d’être inaltérable, alors que le fer terrestre s’oxyde et finit par rouiller. Les Égyptiens connaissaient donc cette propriété depuis longtemps.

    Dans l’Empire romain, on vénérait aussi les météorites. Ainsi, quand l’empereur Élagabale (205-222) quitta sa ville natale d’Émèse (l'actuelle Homs en Syrie) pour venir exercer la fonction d’empereur à Rome, il emporta avec lui, tirée par un char, une énorme météorite d’environ un mètre de haut. Appelée « bétyle » (mot hébreu signifiant « demeure divine »), cette pierre représentait pour Élagabale la manifestation d'une divinité tombée du ciel : c’est pourquoi, il imposa aux Romains le culte de cette météorite. Il fit même frapper des monnaies avec, à l’avers, son effigie et au revers, sa météorite sacrée ! Ces pièces sont aujourd’hui très recherchées par les numismates.

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     Cet aureus d’Elagabale, frappé en 218, commémore sur le revers la venue à Rome de la météorite trouvée à Emèse. Cote : 20 000 euros en état superbe !

    De nos jours, la plus célèbre pierre sacrée du monde est la pierre noire de la Kaaba, visible à La Mecque et apportée, selon le Coran, à Abraham par l'Ange Gabriel. Cette pierre noire, appelée en arabe al hadjar alaswad, est un assemblage de trois gros morceaux et de quelques fragments, maintenus par un anneau de pierre lui-même enchâssé dans un cercle d'argent. Son diamètre total est de 30 cm environ et sa couleur noir rougeâtre, avec des taches rouges et jaunes, rappelant la lave ou le basalte. Le tout est recouvert par une structure en forme de cube de 12 m de côté et de 15 m de haut, sur laquelle on a placé un voile noir : ce voile est changé tous les ans et l'ancien est découpé en petits morceaux, vendus ensuite comme porte-bonheur aux fidèles !

    Pour de nombreux chercheurs, cette pierre vénérée depuis des temps très reculés serait une météorite. Quand Mahomet fit la conquête de La Mecque, il découvrit la Kaaba construite par des tribus sémitiques, dans laquelle celles-ci pratiquaient de terribles sacrifices au dieu Hobal. Mais Mahomet fut plus choqué par la présence, en ce lieu, de 360 idoles que par les sacrifices. À la vue des effigies d'Abraham, de Jésus, des anges, des prophètes, Mahomet décréta alors que les représentations humaines seraient désormais interdites.

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    La pierre noire de la Kaaba à La Mecque serait une météorite.

    L'origine surnaturelle des météorites a, très tôt, fait passer ces pierres pour des porte-bonheur : dans toute l'Europe, pour protéger de la foudre maisons et églises, on plaçait un morceau de météorite dans les fondations, dans un trou des murs, sur les fenêtres ou encore sous le toit.

    Dans le Berry, on disait que les météorites avaient le pouvoir de préserver les enfants de maladies des yeux : il suffisait, alors, de leur faire porter, autour du cou, quelques morceaux de météorites montés en collier.

    De nos jours, on sait, de source sûre, que les météorites sont portées en pendentif par la plupart des sorciers de Côte d'Ivoire, mais aussi, privilège royal, que la reine d'Angleterre Elisabeth II en conserve en permanence une, dans son sac à main, en guise de porte-bonheur !

    Des prix qui peuvent atteindre 60 000 euros le gramme !

    Savez-vous qu’il existe un véritable marché mondial des météorites ? Vendues entières, en fragments ou en tranches polies, elles valent plus cher si elles proviennent d’un site prestigieux (comme celui de L’Aigle, par exemple) ou si on les voit tomber en direct !

    Les moins chères sont les sidérites : elles se vendent entre 1 et 30 euros le gramme. Les chondrites carbonées valent 100 euros le gramme. Les achondrites atteignent 200 euros le gramme si elles présentent des inclusions microscopiques de diamants. Les météorites d’origine lunaire montent à 1 000 euros le gramme.

    Mais les plus chères au monde sont impossibles à acheter : ce sont celles rapportées de la Lune par les astronautes des missions Apollo. Les 350 kg d’échantillons appartiennent, en effet, à la NASA qui estime leur valeur à 60 000 euros le gramme, soit 21 milliards d’euros pour l’ensemble !

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     Météorite récoltée sur le sol lunaire par les astronautes d'Apollo.

    Si vous souhaitez vendre les météorites que vous avez trouvées, ou bien en acheter, voici les principaux sites Internet à connaître :

    Alain Carion, le spécialiste français n°1 : www.carionmineraux.com

    All Meteorite : http://allmeteorite.com

    Cosmic Rocks : www.cosmic-rocks.com

    Espace Météorite : www.espace-meteorite.com

    Historic Meteorites : www.historicmeteorites.com

    Labenne Météorites : www.meteorites-du-monde.fr

    Maison de l’Astronomie : www.maison-astronomie.com

    Meteorite.fr : www.meteorite.fr

    The Meteorite Market : www.meteoritemarket.com

    En revanche, soyez très prudent si vous allez sur des sites généralistes de ventes aux enchères, car certains individus peu délicats proposent des météorites qui n’en sont pas !

    Si vous souhaitez faire expertiser gratuitement vos trouvailles (en n’oubliant pas de préciser la localisation exacte du lieu de votre découverte et surtout après avoir éliminé les objets habituellement confondus avec une météorite (voir notre article "Météorites n°3"), afin de ne pas faire perdre de temps aux spécialistes du Muséum) :

    Muséum national d’histoire naturelle (Paris) : www.mnhn.fr/fr

    Prochain article (partie 5) : « Les principaux lieux d'impact des météorites en France ».

  • MÉTÉORITES (3)

    Les météorites (partie 3/6)

    Par Jacques MANDORLA

    Auteur du livre « 60 trésors fabuleux à découvrir »

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    Les étranges phénomènes météoritiques

    Certains phénomènes sont parfois difficiles à expliquer par les scientifiques. Comme la formidable explosion qui eut lieu le 30 juin 1908 en Sibérie à 7h15, près de la rivière Toungouska. Les arbres furent abattus par l'onde de choc jusqu'à 100 km alentour et le bruit fut perçu à 1 500 km de distance !

    On pense qu'il s’agit d’un fragment de comète ou d’un astéroïde qui s’est désintégré à environ 7 km d'altitude. Sa vitesse d'arrivée étant de 15 km/s, la masse de l'objet devait avoisiner les 500 000 tonnes pour un diamètre de 60 m ! L'énergie dégagée correspondrait à 2 000 fois celle de la bombe d'Hiroshima.

    En 2013, une équipe de scientifiques, dirigée par le chercheur Victor Kvasnytsya de la National Academy of Sciences (Ukraine), a trouvé dans les roches piégées dans la tourbe des agrégats de diamant, de lonsdaléite, de graphite, de sulfures de fer, d’alliages de nickel et de fer, de troïlite et de taenite, minéraux caractéristiques d’objets célestes tels que les météorites.

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    L’explosion de l’astéroïde est survenue en 1908 au-dessus de la Toungouska.

    Le 9 octobre 1992 est advenu un rarissime phénomène dans la ville de Peekskill (État de New York) : une météorite est, en effet, tombée… sur l’arrière d’une Chevrolet Malibu ! D’un poids de 12,4 kg, elle a défoncé le coffre de la voiture à la vitesse de 270 km/h en produisant un bruit fracassant. Le propriétaire, qui venait juste d’acheter sa voiture pour 300 dollars, a revendu la météorite 10 000 dollars !

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    Météorite de Peekskill (masse noire visible au sol devant le bâton tenu par le propriétaire du véhicule).

    Classification simplifiée des météorites terrestres

    Le classement des météorites, effectué par les scientifiques, est assez complexe. Pour faire simple, disons qu’on peut les regrouper en 3 grandes familles.

    La première est constituée des météorites pierreuses ou lithoïdes (ce sont les plus nombreuses, représentant 92,8 % du total). Cette famille se répartit, d’une part, en chondrites (92,3% des météorites pierreuses) - les chondres sont des granules renfermant du verre, des silicates (olivine et pyroxène) et du sulfure de fer - et, d’autre part, en achondrites (7,7%). La météorite de L’Aigle est de type chondrite L6, la lettre L pour Low (signifiant « bas » en anglais) indique qu’elle contient peu de fer.

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    Coupe d’un des fragments de météorite ramassés à L’Aigle et montrant la présence de granules de sulfure de fer, appelés chondres.

    La deuxième famille est celle des météorites ferreuses ou sidérites (5,7 %), composées presque exclusivement d'un alliage de fer et de nickel.

    Enfin, la troisième famille est constituée des météorites mixtes ou sidérolithes (1,5 %), dans la composition desquelles le ferro-nickel et les minéraux silicatés entrent à parts égales. Les plus connues sont les pallasites qui contiennent des cristaux d’olivine (silicate de fer et de magnésium) noyés dans le métal.

    Comment reconnaître une météorite ?

    Statistiquement, les chances de trouver une véritable météorite sont extrêmement faibles, sauf si l’on assiste en direct à sa chute et que l’on se trouve à proximité du point d’impact. Ou bien si l’on connaît précisément la zone d’impact, comme c’est le cas à L’Aigle grâce à la précision de l’ellipse de chute.

    Chaque année, les conservateurs des musées français (et plus particulièrement ceux du Muséum national d’histoire naturelle à Paris) sont sollicités par de nombreuses personnes pensant avoir recueilli au sol une vraie météorite.

    Malheureusement pour la plupart de ces découvreurs, il s'agit le plus souvent d’autres choses : rognon de marcassite (c’est le minéral le plus souvent confondu visuellement avec les météorites car il est de couleur brune ; en revanche, contrairement aux météorites, il est recouvert de nombreuses bosses, se trouve en groupe et ne fait pas sonner les détecteurs puisqu’il ne contient pas de métal), éclats d’obus, cristaux de pyrite, concrétions d'oxydes de fer (appelées hot rocks, « pierres chaudes » ou « pierres qui sonnent »), magnétite (dont la couleur est sombre), scories de fonderie appelées « laitiers » (qui sont très légers et possèdent des sortes de trous d’éponge en surface), galets de basalte roulés par les eaux ou les glaciers… et même parfois morceaux de satellites artificiels, dont il existerait aujourd’hui 200 000 débris artificiels de plus d’un kilo, tournant autour de notre planète et susceptibles de retomber un jour sur Terre !

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    Ces deux éléments sont très souvent confondus avec une météorite : le rognon de marcassite (à gauche) et la scorie de fonderie, appelée « laitier », qui possède des sortes de trous d’éponge en surface.

    On peut identifier une météorite en fonction de trois caractéristiques principales. D’abord, elle est recouverte d'une croûte de fusion noire ou marron foncé, assez lisse et brillante, provenant des hautes températures rencontrées lors de son entrée dans l'atmosphère. Ensuite, elle comporte des minéraux métalliques, ce qui la rend magnétique et donc repérable au détecteur de métaux. Mais cela ne suffit pas : il faut aussi vérifier qu’elle soit attirée par un aimant, car toutes les météorites contiennent du fer. Enfin, elle est très dense, ce qui se traduit par un poids beaucoup plus élevé que celui d’un caillou de même taille.

    Prochain article (partie 4) : « Les vertus porte-bonheur des météorites ».

  • MÉTÉORITES (2)

    Les météorites (partie 2/6)

    Par Jacques MANDORLA

    Auteur du livre « 60 trésors fabuleux à découvrir »

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    Les plus célèbres météorites du monde

    Un météore (encore appelé « bolide », « étoile filante » ou « aérolithe ») est un corps céleste qui produit un effet lumineux lorsqu’il pénètre dans l'atmosphère à une vitesse variant entre 10 000 et 290 000 km/h. Puis, lorsque les fragments de ce météore entrent en contact avec le sol, ils prennent alors le nom de météorites.

    L’entrée d’une météorite dans l’atmosphère provoque, à sa surface, l’apparition de ce qu’on appelle une « croûte de fusion » d’aspect brillant et de quelques millimètres d’épaisseur, due à la très haute température atteinte.

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    Croûte de fusion brillante à la surface d’un morceau de la météorite ferreuse Sikhote-Aline, tombée le 12 février 1947 en Sibérie orientale. Des dizaines de milliers de fragments de ce type ont été ramassés au sol !

    On estime à environ 500 le nombre de météorites de taille notable qui tombent chaque année sur Terre. Elles ont toutes été formées il y a 4 milliards et demi d’années, en même temps que le système solaire.

    En France, la plus ancienne chute vue par un témoin est celle d'Ensisheim, près de Mulhouse (Haut-Rhin) : elle eut lieu le 7 novembre 1492 (quelques jours avant, Christophe Colomb « découvrait » l’Amérique) aux environs de midi. Après une formidable explosion, une pierre noire de 127 kg fut retrouvée au fond d’un cratère de 2 mètres de profondeur, dans un champ de blé, par un jeune garçon, seul témoin de cette chute. Un peu plus tard, les curieux prélevèrent des fragments de cette pierre tombée du ciel, en guise de porte-bonheur... Ce pillage fut heureusement arrêté par le maire qui ordonna que la météorite soit portée sur le seuil de l'église. Elle fut ensuite divisée en plusieurs morceaux, envoyés aux muséums de Paris, Berlin, Budapest, Leningrad, Londres, Vienne, Chicago, Gôttingen, Copenhague, New York et Washington. Le dernier fragment, d’un poids de 55 kg, est aujourd’hui exposé au musée municipal de la Régence à Ensisheim.

    Ensisheim.jpg

    Première représentation imprimée (vers 1500) de la chute de la météorite d’Ensisheim.

    Le plus célèbre cratère d’impact visible sur Terre fut découvert en 1871 dans l’Arizona (États-Unis) : il s’agit du Meteor Crater. Son diamètre est de 1 200 m et sa profondeur de 150 m. On estime que la météorite, tombée il y a 50 000 ans, devait peser près de 100 000 tonnes et avoir un diamètre de 25 mètres ! L’énergie dissipée au moment de son impact au sol a été estimée à 150 fois la puissance de la bombe atomique d’Hiroshima. Le plus gros fragment récupéré (pesant 639 kg) est celui baptisé Canyon Diablo, du nom d’une rivière proche du cratère.

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    Meteor Crater

    Certains cratères sont beaucoup plus grands que celui de l’Arizona, mais ils ne sont plus du tout visibles.

    Soit parce la cuvette a disparu du paysage, comme pour la météorite (d’une taille d’environ 1 500 m de diamètre) qui s’est écrasée il y a environ 200 millions d’années à 4 km à l’ouest de Rochechouart, bourg du département de Haute-Vienne. Ce type de cratère d’impact (identifié en 1967 par le Français François Kraut, géologue au Muséum national d’histoire naturelle à Paris), érodé par le temps, est appelé « astroblème » par les spécialistes et fait 20 km de diamètre.

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     La grande météorite, qui a creusé le cratère de 20 km de diamètre à Rochechouart en Haute-Vienne, a frappé le sol français il y a 200 millions d’années (dessin de Don Davis, NASA).

     

    Soit parce que le cratère est en partie sous l’eau, comme celui de Chicxulub dans la péninsule du Yucatan (Mexique). Il a été provoqué par la chute d'une météorite gigantesque (environ 10 km de diamètre) qui s’est abattue sur la Terre il y a 66 millions d’années. Certains scientifiques pensent que cette météorite est la cause de l’extinction des dinosaures sur notre planète. Le cratère fait 180 km de diamètre et s'étend pour moitié sur la terre ferme et pour moitié sous l’eau du golfe du Mexique.

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    La gigantesque météorite de 10 km de diamètre, qui s’est abattue sur la Terre il y a 66 millions d’années, est probablement responsable de l’extinction des dinosaures sur notre planète.

    La plus grosse météorite visible actuellement sur Terre est celle d’Hoba en Namibie. Elle mesure 2,70 m de long sur autant de large et 90 cm de hauteur : elle pèse 60 tonnes et contient 84% de fer et 16% de nickel, avec des traces de cobalt. Elle a été découverte en 1920 par un paysan en train de labourer son champ : aucun cratère n’était visible en surface. Elle aurait chuté sur Terre il y a 80 000 ans.

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    Météorite d’Hoba en Namibie.

    Prochain article (partie 3) : « Les étranges phénomènes météoritiques ».

  • MÉTÉORITES (1)

    Les météorites (partie 1/6)

    Par Jacques MANDORLA

    Auteur du livre « 60 trésors fabuleux à découvrir »

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    Éditions Trajectoire - 272 pages - 356 illustrations en couleurs - 25 € - Livre disponible sur www.amazon.fr, www.fnac.fr et en librairie

    Des milliers de météorites enfouies dans le sol à L’Aigle (Orne) !

    Compte tenu des prix très élevés auxquels les météorites se vendent aujourd’hui, certains détectoristes se sont uniquement spécialisés dans leur recherche. Rien qu’en France, on dénombre plus de 70 sites de chutes à prospecter, dont l’un des plus intéressants est certainement celui de L’Aigle, dans le département de l’Orne.

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    Les météores pénètrent dans l'atmosphère à une vitesse variant entre 10 000 et 290 000 km/h. S’ils percutent le sol terrestre (après avoir explosé en vol ou en créant directement un cratère), ils prennent alors le nom de météorites.

    La date du 6 floréal an XI (26 avril 1803) est historique pour tous les scientifiques du monde entier : ce jour-là vers 13 heures, des pierres tombent du ciel aux environs de L’Aigle, dans le département de l’Orne, provoquant une véritable panique.

    Jusqu’à cette date, personne n’était parvenu à expliquer ce phénomène très mystérieux : depuis toujours, en effet, on pense que des pierres ne peuvent pas tomber sur Terre… puisqu’on n’en voit pas dans le ciel !

    Le passage dans le ciel de ces boules de feu avait fait écrire au Français Antoine Furetière, dans son Dictionnaire universel paru en 1690 : « On a vu des météores en forme de clochers ardents, de lances flamboyantes, de javelots brûlants, de traits de feu volants, de chevrons de feu, d’étoiles volantes... Les Grecs les ont nommés météores car cela signifie qu’ils sont hauts dans les airs ». Et si des météores explosaient sous forme de météorites, ces dernières étaient à l’époque nommées « pierre de tonnerre » ou « pierre de foudre » parce qu’on pensait qu’au cours d’un orage les éclairs perçaient les nuages et en vitrifiaient des morceaux qui tombaient ensuite au sol sous forme de pierres !

    Il faudra attendre 1794, neuf ans avant la chute de météorites de L’Aigle, pour que le physicien allemand Ernst Chladni émette l'idée que les météorites sont originaires du système solaire et sont attirées par notre champ de gravitation terrestre. Malheureusement il n’apportait aucune preuve scientifique à sa théorie.

    Cette origine extraterrestre sera finalement établie le 18 juillet 1803 par le physicien, astronome et mathématicien français Jean-Baptiste Biot (1774-1862).

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    Jean-Baptiste Biot

    Biot mène une véritable enquête policière

    Mandaté par l’Académie des sciences à la demande du ministre de l’Intérieur de l’époque, Biot se rend à L’Aigle, ville située à cinquante kilomètres d’Alençon. Il visite une vingtaine de hameaux près du point d’impact et rencontre des dizaines de témoins directs de la chute de la météorite dont il rapporte à Paris de nombreux morceaux pesant 37 kg au total.

    Cette véritable enquête policière est consignée dans un rapport qui fait aujourd’hui référence. Intitulé Relation d’un voyage fait dans le département de l’Orne pour constater la réalité d’un météore observé à L’Aigle le 6 floréal an XI, ce document démontre, en effet, que les météorites viennent de l’espace !

    Voici les passages les plus pertinents du rapport de Biot.

    « Le mardi 6 floréal an XI a paru un globe lumineux animé d’un mouvement rapide et qui a éclaté dans l’air. Quelques instants après, on entendit à l'Aigle et autour de cette ville, une explosion violente qui dura cinq ou six minutes. Cette explosion a été entendue à plus de 30 lieues (120 km) à la ronde. Ce furent d'abord trois ou quatre coups semblables à des coups de canon, suivis d'une espèce de décharge qui ressemblait à une fusillade, après quoi on entendit un bruit ressemblant à un épouvantable roulement de tambour. L'air était tranquille et le ciel serein, à l'exception de quelques nuages, comme on en voit fréquemment. Le météore marchait du sud-est au nord-ouest, par une déclinaison d'environ 22°, direction actuelle du méridien magnétique à L’Aigle. La plus grosse de toutes les pierres trouvées pesait 8,5 kg au moment où elle tomba et la plus petite, que j'aie vue et que j'ai rapportée avec moi, ne pèse que 7 ou 8 grammes. Le nombre de toutes celles qui sont tombées peut être évalué à 2 000 ou 3 000. Les échantillons de pierres météoriques sont déposés au Muséum d’histoire naturelle à Paris. Le citoyen Thénard a bien voulu en analyser quelques-uns et il a trouvé : silice 43%, fer oxydé 42%, magnésie 9%, nickel 2% et soufre 4%. Je m’estimerai heureux que des physiciens trouvent que j’ai réussi à mettre hors de doute un des plus étonnants phénomènes que les hommes aient jamais observés ».

    Où rechercher les météorites tombées près de L’Aigle ?

    À l’issue de son enquête, Biot fut le premier à tracer une carte de répartition des morceaux de météorites tombés au sol : celle-ci prend la forme d’une ellipse qui fait 10 km de long sur 4 de large, soit 40 km2.

    C’est dans cette zone précise qu’il faut donc rechercher (avec ou sans détecteur de métaux, et avec l'accord des propriétaires des lieux) les précieux fragments de météorites encore présents dans le sol. Comme Biot a estimé que 2 000 à 3 000 morceaux y sont tombés et qu’il n’en a rapporté à Paris que quelques dizaines, il reste une énorme récolte à faire au nord-ouest de L’Aigle !

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    Suite à ses observations sur le terrain, Jean-Baptiste Biot a tracé (en pointillés) l’ellipse de chute au sol des morceaux de la météorite de L'Aigle. La flèche rouge indique la trajectoire que suivait le bolide avant d’exploser en vol.

    Prochain article (partie 2) : « Les plus célèbres météorites du monde ».

  • CHASSES AUX TRÉSORS

    La dernière interview de Max Valentin, à propos de sa Chouette d’Or

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    Par Jacques MANDORLA

    Auteur du livre « 60 trésors fabuleux à découvrir »

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    Éditions Trajectoire - 272 pages - 356 illustrations en couleurs - 25 €

    Livre disponible sur www.amazon.fr, www.fnac.fr et en librairie

    J'ai reçu, de la part de plusieurs blogueurs, des questions concernant La Chouette d'Or. Personnellement, je dois avouer que je n'ai jamais cherché à résoudre les 11 énigmes de cette chasse extraordinaire, mais j'ai eu la chance de bien connaître Max Valentin, quelques années avant le lancement de son jeu. Puis j'ai publié plusieurs interviews de lui dans différentes revues : voici la toute dernière qu'il m'avait accordée, peu de temps avant sa triste et brutale disparition.

    Depuis 1993, des centaines de milliers de Français ont recherché (ou recherchent encore !) une chouette d'or, d'une valeur de plus de 150 000 euros. Derrière le pseudonyme de Max Valentin se cache l’homme qui est le seul à en connaître la cachette. Et pour cause : c'est lui qui a créé cette chasse au trésor aussi passionnante.

    Voici l’interview exclusive que mon ami Régis Hauser (le vrai patronyme de Max Valentin) m’avait accordée en fin d’année 2008, quelques semaines seulement avant sa brutale disparition.

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    Régis Hauser, alias Max Valentin (2001)

    Régis et moi, nous nous étions rencontrés en 1989 à l'occasion de l'écriture en commun d'un livre sur le marketing direct, car nous exercions l'un et l'autre la profession de publicitaires. Lors de notre premier rendez-vous, on s'est vite découvert une passion commune pour la recherche de trésors, aussi bien dans les archives que sur le terrain, au moyen d'un détecteur de métaux.

    Puis, un jour, nous évoquons l'expérience de Kit Williams, ce peintre-écrivain anglais qui a créé en 1979 une chasse au trésor intitulée Masquerade et dont le livre, contenant les énigmes, s'est vendu à plus d'un million d'exemplaires ! Après 30 mois de recherches, Ken Thomas, un ingénieur de 58 ans, parvint à trouver le trophée récompensant le vainqueur : un lièvre d'or, incrusté de pierres précieuses que Kit Williams avait enterré, à Ampthill Park, près de la ville de Bedford.

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    Kit Williams et son lièvre d'or (1979)

    Aussi, quelle ne fut pas ma surprise quand, en début d'année 1993, Régis m'appelle pour me dire qu'il est parvenu à mettre sur pied une chasse au trésor dans l'esprit de Masquerade et qu'il a baptisée Sur la trace de la chouette d'or. Il m'a alors montré ses textes énigmatiques et les visuels faits par le peintre-sculpteur Michel Becker : j'étais abasourdi par le travail réalisé ! Quelques semaines plus tard, dans la nuit du 23 au 24 avril, Régis partit, de nuit, enterrer une chouette en bronze (copie de celle qui constitue le prix à gagner) en un endroit que personne, à ce jour, n'a encore trouvé. Pour les passionnés de phénomènes paranormaux ou bien de synchronicité, il est curieux de constater que Régis est décédé dans la nuit du 23 au 24 avril 2009, exactement 16 ans - jour pour jour - après avoir enterré sa chouette en bronze !

    Régis, il me revient soudain en mémoire une phrase que tu m'as dite et qui prend aujourd'hui toute sa valeur prémonitoire : « J'affirme à chaque chercheur : le trésor est là... pour vous ou pour l'éternité ! ». Avec la disparition prématurée de son créateur, la Chouette d'or va-t-elle, à jamais, rester enfouie quelque part en France ?

    Voici, retranscrite fidèlement, la dernière interview donnée par Max Valentin.

    Jacques Mandorla : Max Valentin, est-ce votre vrai nom ?

    Max Valentin : Non, c'est un pseudonyme. Étant donné que je réponds aux questions des chercheurs de trésor, et que je signe chacun de mes messages, j'ai choisi un prénom court pour gagner du temps : Max. De plus, l'expérience de l'Anglais Kit Williams m'a servi de leçon. Il avait eu la légèreté de communiquer son vrai nom dans son livre d'énigmes intitulé Masquerade. Or, son numéro de téléphone n’étant pas sur liste rouge, il recevait toutes les nuits des appels de lecteurs néo-zélandais, américains ou australiens qui ne tenaient pas compte du décalage horaire ! Je voulais donc éviter ce genre de désagréments. C’est pourquoi, sur les photographies ou à la télévision, je figure toujours de dos, pour conserver l'anonymat et éviter les pressions en tout genre, car je suis le seul à connaître l’endroit où est cachée la chouette.

    JM : Comment a été créée cette chasse au trésor ?

    MV : Pour élaborer mes énigmes, je me suis inspiré du principe de Kit Williams. Concernant les illustrations, j’ai eu la chance de rencontrer, en 1992, l’artiste-peintre Michel Becker dont j’avais vu une exposition. Il a tout de suite adhéré au projet et a immédiatement décidé de le financer, de peindre les toiles qui illustrent les 11 énigmes du livre et de sculpter la chouette qui constitue le prix du vainqueur !

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    Michel Becker a sculpté la Chouette d'Or et a illustré les 11 énigmes

    JM : Pourquoi avoir choisi une chouette pour symbole ?

    MV : Michel Becker est le descendant du fils illégitime du comte de Chambord. La chouannerie, terme venant de « chat-huant », famille de rapaces nocturnes dont la chouette fait partie, tient donc une place de choix dans l'histoire de sa famille ! De plus, la chouette est un animal éminemment sympathique. Savez-vous que les figurines de chouette sont les objets les plus collectionnés dans le monde ?

    JM : Qu’avez-vous enterré à l'endroit qu’il s’agit de trouver ?

    MV : Une copie de la chouette, grandeur nature, réalisée en bronze plein. Celui qui la déterrera n'aura plus ensuite qu'à l'échanger contre l'original en or et argent, rehaussé de 500 diamants, d'une valeur totale de 150 000 euros.

    JM : Que pouvez-vous nous dire sur ce lieu à trouver ?

    MV : Il s’agit d’un lieu public et non pas, bien entendu, d’une propriété privée. J’ai personnellement enterré la copie en bronze à 80 cm de profondeur, puis je l’ai recouverte de terre et de pierres. Et j’ai planté un petit arbuste dessus (ce doit donc être un arbre assez grand aujourd'hui). Je précise qu’elle ne se trouve pas sur une île et qu’elle est à plus de 100 kilomètres des côtes françaises. Il est important de noter que je suis le seul à connaître son emplacement : même Michel Becker l’ignore ! Enfin, j’ajoute que la chouette est à l’abri de l’humidité et qu’elle bénéficie d’une bonne protection contre les détecteurs de métaux.

    JM : Elle est donc enfouie sous des lignes à haute tension !

    MV : Pas du tout. J’ai simplement mis de la limaille de fer à une vingtaine de centimètres de la surface… pour pouvoir faire écran aux détecteurs électroniques !

    JM : Il faudra donc travailler en discrimination afin que le détecteur ne signale pas cet élément ferreux !

    MV : Exactement !

    JM : Quel est l'impact exact de ce jeu ?

    MV : Énorme ! Il tient en haleine des milliers de participants : au plus fort de la chasse, on a même atteint le cap de 200 000 joueurs en France et on a vendu près de 100 000 exemplaires du livre ! Plusieurs millions de messages ont été échangés, d’abord sur minitel, puis sur mon site Internet <www.lachouette.net> (le site existe toujours). Et on trouve plus d’une cinquantaine de sites non officiels, consacrés au jeu. J’ai personnellement répondu à plus de 100 000 questions et j'ai également reçu 10 000 lettres de lecteurs, qu'il m'a été physiquement impossible de lire car elles contiennent d'épais dossiers de solutions et cela m’aurait pris des mois pour les consulter !

    JM : Cette frénésie s'explique-t-elle uniquement par l'appât du gain ?

    MV : Que les 150 000 euros de la Chouette d'Or aient un effet incitateur pour l'achat du livre, c'est probable et bien compréhensible, après tout ! Mais un grand nombre de lecteurs me disent que, dans leur esprit, cette valeur financière s'efface très vite pour faire place à une autre motivation : être le premier à décrypter les énigmes. C'est donc surtout une affaire d'ego.

    JM : La chasse a déjà duré plus de 15 ans (rappelons que cette interview a eu lieu en fin d'année 2008. Aujourd'hui, la chasse dure depuis un peu plus de 24 ans !). Pourquoi ne pas donner un indice pertinent qui permettrait de trouver enfin la chouette et de clore cette belle histoire ?

    MV : Si je fais cela, je privilégie la douzaine de chercheurs qui sont actuellement tout près d’aboutir. Je ne peux pas pénaliser un chercheur qui commencerait aujourd’hui et qui aurait autant de chances de trouver la solution que les autres. C’est une question de déontologie. Mais, alors qu’il ne reste plus à cette douzaine de chercheurs qu’à emprunter l’autoroute pour aller directement la déterrer, ils se mettent à prendre, de façon inexplicable, un petit chemin de traverse qui les éloigne de la trouvaille ! D’ailleurs, le jour où la Chouette sera découverte, vous verrez que bien des chercheurs seront surpris, car les solutions sont bien moins compliquées que certains ne l'imaginent.

    JM : Il paraît qu'au cours des années suivant le lancement du jeu de la Chouette d'Or, vous n'avez pas pris un seul jour de vacances !

    MV : Les 5 premières années, je n'ai en effet pris aucun jour de vacances. La faute en incombe au site minitel 3615 MAXVAL, sur lequel je répondais plusieurs fois par jour aux questions des « chouetteurs », comme ils se surnomment eux-mêmes. Ensuite, j'ai décidé de ne plus répondre aux questions pendant les week-ends et les vacances scolaires, afin de passer plus de temps avec ma famille. Mais je ne suis pas parti en vacances pour autant : j'ai consacré ce temps libre à travailler sur d'autres projets.

    JM : D’après vous, pourquoi la chouette n’a toujours pas été trouvée ?

    MV : Au départ, je pensais qu’elle serait découverte en une petite année, pas plus. Mon estimation était parfaitement subjective, car c'était la première chasse que j'organisais. Je reste sidéré, pantois, médusé, abasourdi, effaré - rajoutez les adjectifs que vous voudrez - de constater que la Chouette est toujours dans son trou ! Mais la chasse la plus difficile que j'ai conçue est incontestablement celle du Trésor de Malbrouck, cela est sans doute dû à l'influence de mon ami Philippe d'Euck, qui avait co-signé sa première chasse avec moi : il est dur, cet homme-là !

    Mais le jour où la Chouette sera trouvée et où les solutions seront publiées, nul doute que bien des chercheurs seront surpris ! Les solutions ne sont pas enfantines, loin de là, mais elles sont bien moins compliquées que certains ne l'imaginent. Aux États-Unis, une chasse au trésor a duré 13 ans : lorsque j'ai vu les solutions, j'ai compris à quel point on pouvait se laisser entraîner sur de fausses pistes et - quand nos hypothèses sont séduisantes - combien il nous est difficile de faire marche arrière et de remettre tout à plat. Je suppose que pour la Chouette d'Or, c'est un peu pareil.

    JM : Pouvez-vous citer les anecdotes les plus étonnantes de cette chasse ?

    MV : Il y aurait de quoi remplir un livre entier ! Voici quelques exemples pris au hasard. Un chercheur a essayé de creuser sur un quai de gare, un autre dans le hall d'une banque, un troisième voulait fracturer un parcmètre dans lequel il pensait que la Chouette se cachait ! Il y en a même un qui était persuadé que la Chouette n'était pas enterrée, mais se trouvait dans l’espace, à l'intérieur du satellite Spot ! Ce sont là des cas extrêmes, burlesques.

    La plupart du temps, les anecdotes sont cocasses, voire émouvantes. Je me souviens de ces chercheurs qui ont été arrêtés, un soir, alors qu'ils creusaient un trou dans une forêt : à la gendarmerie, ils ont découvert que l'adjudant recherchait lui-même la Chouette, et ils ont passé le reste de la nuit à échanger avec lui des hypothèses !

    Il y a aussi l'histoire charmante de ce jeune couple parti creuser un trou. Au lieu de déterrer la chouette, ils ont déployé une couverture dans une clairière et se sont fait un câlin : neuf mois plus tard, ils m'avertissaient de la naissance de leur fils !

    Ou encore celle de ce chercheur parisien, qui dialoguait depuis des mois avec un correspondant. Un jour, il lui donne rendez-vous dans un bistrot : ils se rencontrent, sympathisent, échangent leurs adresses... et s'aperçoivent qu'ils habitent dans le même immeuble, à trois étages l'un de l'autre !

    J’ai aussi reçu de drôles de missives comme, par exemple, celle-ci : « Excusez-moi de vous poser cette question aussi abrupte : y a-t-il une petite chance, une chance infime, que Michel Becker et vous-même soyez fous à lier et que tout ceci fasse partie de votre thérapie ? ».

    Ou encore cette autre : « Je suis ravi d’avoir acheté votre livre qui me permet de caler la table de ma cuisine, table sur laquelle je m’appuie pour siroter nombre de préparations alcoolisées afin d’oublier que vous existez ! ».

    JM : Le chercheur de la Chouette a-t-il un profil spécifique ?

    MV : J'ai constaté qu’une majorité des chasses au trésor que j'ai organisées ont été gagnées soit par des informaticiens, soit... par un médecin allergologue ! Ce dernier, connu parmi les chasseurs de trésors sous le pseudonyme de « Météor », détient d'ailleurs le record du monde dans ce domaine : à ce jour (nous sommes en 2008), il a déjà remporté une bonne vingtaine de chasses au trésor ! Son métier d’allergologue le pousse en effet à trouver, chez ses patients, les facteurs qui déclenchent leur allergie : pour cela, il se livre à de véritables enquêtes d’investigation. Je pense qu’il pratique de la même façon pour les chasses au trésor : le décryptage d'énigmes serait donc, chez lui, une sorte de seconde nature !

    JM : Où trouvez-vous l'inspiration pour créer vos énigmes ?

    MV : Il faut une tournure d'esprit particulière, alliée à une bonne connaissance de la psychologie des chercheurs, car ceux-ci sont extraordinairement astucieux, croyez-moi. Ajoutez-y beaucoup de travail et le souci du détail. Il faut, en effet, tout vérifier sur place, car il est impossible de se fier aux documentations et ouvrages de référence, même les plus prestigieux : on y trouve des erreurs qui font dresser les cheveux sur la tête ! Donc, tant que je n'ai pas vu un élément de mes propres yeux, je ne l’utilise pas. Cela requiert des déplacements incessants aux quatre coins de la France. Il n'y a pas d'autre secret.

     

    MES COMMENTAIRES

    Août 2017 : au moment où je mets en ligne ce texte sur mon blog, la Chouette d’Or n’a toujours pas été découverte.

    Chez les « chouetteurs », deux camps s'affrontent : l'un localise la chouette enterrée près de Dabo (Moselle) à une centaine de km au sud-est de Metz, l'autre près de Crésantignes (Aube) à une vingtaine de km au sud de Troyes.

  • CHASSES AUX TRÉSORS-4

    Mystérieux codes secrets

    et caches à trésors (4ème partie)

    Par Jacques MANDORLA

    Auteur du livre « 60 trésors fabuleux à découvrir »

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    Éditions Trajectoire - 272 pages - 356 illustrations en couleurs - 25 €

    Livre disponible sur www.amazon.fr, www.fnac.fr et en librairie.

    Après avoir étudié, dans l'article précédent, l'énigme de l'étrange pierre tombale de Rennes-le-Château (1886), intéressons-nous à celle des étonnantes pierres gravées de l’abbaye de Saint-Wandrille (1954).

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    Rappelons qu’aucune recherche trésoraire, avec ou sans détecteur de métaux, ne peut être effectuée sur l’ensemble des sites évoqués dans cet article, sans l’autorisation préalable des propriétaires des lieux.

    Les 25 pots manquants du trésor de Saint-Wandrille (1954)    

    Saint-Wandrille-Rançon est un petit bourg de 1 200 habitants, situé à 35 km de Rouen en Seine-Maritime. Son patronyme vient de Wandrille, ancien ministre du roi Dagobert et fondateur en 649 de l’abbaye de Fontenelle, du nom du cours d'eau qui la borde.

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    Le 11 mars 1954, des louveteaux de Saint-Wandrille font leur sortie hebdomadaire habituelle, sous la direction du révérend Donaint qui organise une course au trésor destinée à trouver des fleurs dans les bois qui entourent l'abbaye. En longeant le mur d’enceinte, l’un des enfants, Jean-Pierre Mazé, remarque une pierre qui porte un signe mystérieux. Il la descelle et découvre alors, derrière, un petit pot rempli de pièces d’or ! 

    Pris au jeu, les louveteaux continuent à inspecter minutieusement le mur : Pierre Lemonsu et Jacques Blot voient une nouvelle pierre marquée d'un signe, puis une troisième. Les louveteaux, âgés de 12 et 13 ans, sont parvenus, en seulement quelques heures, à trouver trois pots en terre cuite, hauts d’une vingtaine de centimètres, fermés par une épaisse feuille de plomb scellée avec de la cire et pleins de pièces d’or !

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    Incroyable : cette chasse au trésor, qui était un simple jeu de scouts, a abouti à la découverte d’un véritable magot composé de pièces d’or ! On peut se demander pourquoi le trésor était dissimulé à l’extérieur du mur d’enceinte et non pas à l’intérieur, c’est-à-dire dans la propriété même de l’abbaye. Certains pensent que l’enfouisseur ne faisait pas partie de l’abbaye, mais a utilisé le mur comme repère visuel pour y cacher les pots et pouvoir revenir les chercher plus tard. Autre interrogation : les pots étaient situés à moins d’un mètre du sol. Pourquoi ?

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    Les louveteaux Pierre Mazé, Jacques Blot et Pierre Lemonsu indiquent les emplacements exacts où ils ont découvert les 3 pots remplis de louis d’or.

    Chaque pot était caché derrière une pierre portant, gravé dessus, un signe différent : un calvaire, un carré séparé en deux et un cercle avec un point au centre. Il est évident qu’il s’agit là de repères indiqués par l’enfouisseur pour lui permettre de retrouver très rapidement les pots. Les louveteaux ont cherché d’autres symboles sur le mur d’enceinte, mais ils n’en ont, hélas, pas trouvés.

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    Deux des pierres de Saint-Wandrille, derrière lesquelles étaient cachés les pots : l’une portait un calvaire, l’autre un carré séparé en deux. Sur la troisième pierre : un cercle avec un point au centre.

    Étrangement, les trois pots contenaient exactement le même nombre de monnaies : 167 chacun ! Ces 501 pièces sont toutes des louis d’or, à l'effigie d’un même roi : Louis XV. Sur ces monnaies, on lit à l'avers la légende : « LUD XV D G FR ET NAV REX » (Louis XV par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre). Au revers, on reconnaît les écussons ovales de France et de Navarre surmontés d'une couronne, avec la légende : « CHRS REGN VINC IMPER » (Le Christ règne, vainc, commande).

    On peut avoir une idée précise de la valeur actuelle du trésor de Saint-Wandrille car des pièces, à peu près identiques (même millésime, même atelier, même qualité) à celles trouvées à Saint-Wandrille ont été vendues aux enchères le 12 décembre 2008 à Drouot : la valeur totale des 501 monnaies, découvertes par les louveteaux, dépasserait aujourd’hui le million et demi d’euros !

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    Frappé à Paris (atelier A) en 1741, ce louis d’or dit « au bandeau » et à l’effigie de Louis XV a été vendu 3 500 euros à la vente du 12 décembre 2008 à Drouot.

     

    Il resterait 25 autres pots à découvrir !

    Dans l’euphorie générale, engendrée par la trouvaille du trésor, un fait extraordinaire a été passé sous silence : le jour de la découverte, Jean-Pierre Mazé aurait confié à un ami avoir trouvé, coincé sous le fil de fer de l’un des pots, un parchemin indiquant 28 emplacements de caches. Si ce fait est avéré, il resterait donc encore 25 pots à rechercher, mais ailleurs que dans le mur puisqu’il n’y avait que trois signes apparents sur les pierres, tous repérés par les louveteaux !

    Il paraît invraisemblable que ce document, d’une valeur inestimable, ait pu être perdu ! N’aurait-il pas été discrètement conservé par les louveteaux, afin de leur permettre d’effectuer de nouvelles recherches, un peu plus tard et en toute discrétion ? Si cela a été le cas, aucune information concernant la découverte de nouveaux pots, aux alentours des ruines de l’abbaye, n’a filtré depuis 1954.

    La découverte d'un 4e pot !

    En 1996, l’historien spécialiste des trésors Didier Audinot (aujourd’hui disparu) signale dans son ouvrage Manuel de détection et de chasse aux trésors, livre qu’il m’avait amicalement demandé de préfacer : « Plus tard, en 1989 ou 1990, plus de trente ans après la trouvaille des trois pots, un prospecteur avisé, dont le nom ne sera jamais connu, repéra une quatrième pierre à signe qui n'avait jamais été aperçue jusqu'alors, car elle se trouvait dissimulée par un buisson d'épineux fort anciens. De nos jours, le buisson a disparu et la croix sous laquelle creusa le chanceux est encore bien visible au ras du sol. Il ne s'agissait pas cette fois-ci d'un trésor emmuré, mais enterré. Le trou alors pratiqué par ce chercheur des années 1980 est encore visible : il est parti sans le reboucher. Il est évident que si notre homme a creusé ainsi à plus de 80 centimètres de profondeur, c'est parce que son détecteur lui avait signalé une présence métallique. Juste en face de cette cache souterraine, à 13 mètres de distance environ dans les bois avoisinants, on peut remarquer une pierre blanche solidement fichée en terre et dépassant du sol de 30 centimètres environ. Si l'on gratte la mousse qui la recouvre, on peut distinguer une croix exactement identique à celle qui ornait le mur, juste au-dessus de la quatrième cachette. Celui qui, vers 1758, avait dissimulé son or sur les bords de Saint-Wandrille, dans le mur et sous la terre, avait pris toutes ses précautions pour pouvoir, le jour voulu, récupérer son or. Belle leçon : en plus de trente ans, des centaines de prospecteurs avaient visité ce mur. Tous eurent le même réflexe : contourner le buisson d'épineux qui cachait le quatrième signe ! ».

    Personne n’a jamais revendiqué la mise au jour de ce quatrième pot : au cours d’un déjeuner en tête-à-tête, j’ai demandé à Didier Audinot s’il n’en était pas lui-même le découvreur ! Il m’a assuré que non.

    Resterait-il encore 24 pots à rechercher près de l’abbaye de Saint-Wandrille ?

  • CHASSES AUX TRÉSORS-3

    Mystérieux codes secrets

    et caches à trésors (3ème partie)

    Par Jacques MANDORLA

    Auteur du livre « 60 trésors fabuleux à découvrir »

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    Éditions Trajectoire - 272 pages - 356 illustrations en couleurs - 25 €

    Livre disponible sur www.amazon.fr, www.fnac.fr et en librairie.

    Après avoir étudié, dans l'article précédent, l'énigme de la mystérieuse carte de l’île des Cocos, intéressons-nous au trésor de l'abbé Saunière et à l'étrange texte figurant sur une pierre tombale de Rennes-le-Château (1886). L’enjeu est de taille : si ce texte énigmatique était déchiffré, cela pourrait aboutir à la découverte d’un des plus fabuleux trésors de la planète !

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    Rappelons qu’aucune recherche trésoraire, avec ou sans détecteur de métaux, ne peut être effectuée sur l’ensemble des sites évoqués dans cet article, sans l’autorisation préalable des propriétaires des lieux.

    L’étrange pierre tombale de Rennes-le-Château (1886)    

    Rennes-le-Château, village situé à une trentaine de kilomètres au sud de Carcassonne (Aude), ne compte aujourd’hui qu’une centaine d’habitants, alors qu’au VIe siècle il fut l’une des deux importantes capitales des Wisigoths avec Tolède. Puis, le village tomba dans l’oubli jusqu’en 1886, lorsque l’abbé de la paroisse, un certain Bérenger Saunière, devient subitement très riche. Une rumeur se met alors à courir : il aurait découvert un fabuleux trésor !

    Cette affaire est celle qui a déchaîné le plus de passions, non seulement en France, mais aussi à l’étranger : en effet, des centaines de livres, ainsi que des milliers d’articles, lui ont été consacrés.

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    En 1886, Bérenger Saunière, l’abbé de Rennes-le-Château, aurait découvert un trésor considérable dans son église, ce qui lui permit de mener grand train jusqu’à sa mort en 1917 !

    À partir de cette date, et jusqu’à sa mort en 1917, l’abbé Saunière mène alors grand train : il fait exécuter d’importants travaux de restauration de l’église, part souvent en voyage, achète de vastes terrains sur lesquels il fait construire des édifices comme la tour Magdala, la villa Béthanie… On ignore toujours ce que l’abbé a réellement trouvé car il emporta, malheureusement, son secret dans la tombe.

    L’hypothèse la plus souvent avancée est que Saunière aurait découvert, au pied du maître-autel de l’église, une dalle appelée depuis « dalle des chevaliers », qui remonterait à l’époque carolingienne, donc au VIIIe siècle après Jésus-Christ. Sous cette dalle, il aurait alors trouvé, selon le témoignage d’un des enfants de chœur, « une marmite en grès, pleine d’objets brillants » ! Antoine Beaux, abbé de Campagne-sur-Aude, apostropha un jour Saunière en lui disant : « Mon cher, à vous voir mener si grand train, on croirait que vous avez trouvé un trésor ! ». Saunière lui rétorqua alors, de façon énigmatique : « Ils me l’ont donné, je l’ai pris et je le tiens bien ».

    Existence d'un second trésor ?

    En 1968 la piste d’un autre trésor, que l’abbé Saunière aurait trouvé, est relancée par la parution de l’ouvrage L'Or de Rennes signé Gérard de Sède, qui sera ensuite publié en livre de poche sous le titre Le trésor maudit de Rennes-le-Château. L’auteur révèle que l’abbé Saunière aurait trouvé deux parchemins dans un pilier creux de son église et en publie même les textes (voir plus loin dans cet article) !

    La presse française s’empare alors de l’affaire et publie des articles aux titres très accrocheurs, comme celui de La Dépêche du Midi : « La fabuleuse découverte du curé aux milliards » !

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    Certains chercheurs finissent par trouver, dans les archives, un fait étrange qui s’est déroulé une nuit du mois de septembre 1891, nuit au cours de laquelle Saunière est surpris en train de fouiller le cimetière du village avec l’aide de sa servante Marie Denarnaud. Tous deux s’affairent autour de la tombe de Marie de Nègre d’Ables, enterrée là en 1781. Elle a été l’épouse d’un des plus riches aristocrates de la région : François d’Hautpoul, marquis de Blanchefort. Le lendemain, la surprise se mue en stupeur lorsque des villageois aperçoivent l’abbé transporter, dans une brouette, la pierre tombale puis la déposer dans le jardin de sa propriété ! Les jours suivants, Saunière est alors aperçu en train de polir, pour les effacer, les textes gravés sur la pierre !

    C’en est trop : de nombreux habitants, excédés par ce comportement sacrilège, décident d’aller déposer plainte en Préfecture ! Par chance, les textes de la pierre tombale avaient été intégralement relevés, des années auparavant, par un certain Eugène Stublein. Ils ont ensuite été publiés quinze ans plus tard, en 1906, dans une revue à très petit tirage, intitulée Le Bulletin de la société des études scientifiques de l’Aude.

    Une rumeur persistante se met alors à parcourir Rennes-le-Château : Saunière serait persuadé que le texte de la pierre tombale cacherait un message secret qui, décrypté, permettrait de découvrir un fantastique trésor ! Autant dire que, depuis la révélation de cette information, de nombreux spécialistes en cryptographie ont passé de longues nuits blanches à essayer de déchiffrer le sens de ce texte. Sans succès jusqu'à aujourd'hui.

    Qu’aurait donc décrypté l’abbé ?

    Pour le savoir, étudions avec précision les inscriptions figurant sur chacune des deux pierres.

    Sur la stèle (c’est-à-dire sur la dalle verticale de la tombe), on lit : « CT GIT NOBLe MARIE DE NEGRe DARLES DAME DHAUPOUL De BLANCHEFORT AGEE DE SOIXANTE SET ANS DECEDEE LE XVII JANVIER MDCOLXXXI REQUIES CATIN PACE ».

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    A priori, rien d’étrange dans ce texte, si ce n’est d’anormales coupes dans certains mots : Marie, soixante, sept (écrit « set ») et « requies catin pace » (le terme « catin », prostituée, pouvant paraître absolument irrévérencieux) au lieu de « requiescat in pace » qui signifie « repose en paix ». Pour certains chercheurs, c’est dans ces « anomalies » que se cacherait un code secret.

    Sur la pierre tombale (c’est-à-dire sur la dalle horizontale) ne figurent que huit inscriptions. De nombreux spécialistes en cryptographie ont passé de longues nuits blanches dans le but d'essayer de décrypter le sens de ces écritures.

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    Concentrons-nous d’abord sur les six inscriptions écrites horizontalement : PS, REDIS, REGIS, CELLIS, ARCHIS, PRAE-CUM. Parmi les centaines d’interprétations qui ont été proposées, nous avons retenu les deux qui nous paraissent les moins fantaisistes.

    La première interprétation donne les clés de décryptage suivantes, en étudiant les mots dans l’ordre dans lequel ils ont été écrits : PS = Pecunia Sua = son argent (trésor), REDIS = à Rennes, REGIS = le roi, CELLIS = dans les caves, ARCHIS = citadelle, PRAE-CUM = ceux qui proclament. Ce message codé signifierait donc : « À Rennes, (un trésor) caché dans les caves de la citadelle du roi appartient à ceux qui proclament ». Reste à identifier qui se cache derrière l’expression « Ceux qui proclament ».

    La seconde interprétation propose de lire les six mots dans l’ordre suivant : REDIS, CELLIS, REGIS, PRAE-CUM, PS ARCHIS, avec REDIS = à Rennes, CELLIS = caché, REGIS = roi, PRAE-CUM = près de, PS = Pierre sacrée, ARCHIS = Arques. Le message global se traduirait alors par : « À Rennes, (trésor) du roi caché à côté de la pierre sacrée d’Arques ».

    Coïncidence étrange ou solution de l’énigme ? À une quinzaine de kilomètres de Rennes-le-Château, il existe un village appelé Arques, près duquel se dresse un menhir, au lieu-dit Peyrolles. Haute de 2,50 mètres, cette pierre est par ailleurs le siège d’un étrange phénomène : la terre sonne creux au pied du menhir, indiquant la présence d’une cavité, qui pourrait être une grotte naturelle ou bien une caverne creusée par la main de l'homme mais qui semble, jusqu’à présent, n’avoir jamais fait l’objet de fouilles.

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    À noter qu’en 2010 deux chercheurs, Jean-Marc Couchet et Ernest Valero, ont publié un livre intitulé L’énigme résolue : des bergers d’Arcadie au mystère de Rennes-le-Château (éditions Trajectoire), dans lequel ils déclaraient avoir localisé le trésor de l’abbé Saunière dans une grotte du mont Cardou. À ce jour, aucune annonce de la découverte du trésor n’a cependant été faite.

    Attention aux faux messages codés !

    Tous les cryptogrammes, hélas, ne conduisent pas à un trésor. Certains messages ont, en effet, été créés par des mystificateurs ! Revenons en 1968 quand Gérard de Sède révèle que l’abbé Saunière aurait trouvé deux parchemins dans un pilier creux de son église et en révèle même les textes !

    Le premier parchemin est assez court puisqu’il ne comporte que 14 lignes citant un extrait de l’évangile selon Saint Luc. Le second parchemin est un peu plus long (20 lignes) et est tiré de l’évangile selon Saint Jean.

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    Les textes des deux parchemins sont alors étudiés dans le détail par de nombreux passionnés du mystère de Rennes-le-Château. La plupart, persuadés que ces messages sont trop simplistes et ont donc été codés, cherchent par tous les moyens à trouver la clé de décryptage qui pourrait donner - enfin ! - la solution de l’énigme du second trésor de l’abbé Saunière. On ne compte plus les spécialistes en cryptographie ayant passé des nuits blanches à essayer de découvrir le message caché dans ces textes.

    Hélas, tous les espoirs des passionnés du mystère de Rennes-le-Château s’écroulent en 1979 quand le journaliste Jean-Luc Chaumeil révèle, dans son livre Le trésor du triangle d’or, que ces textes sont en réalité des faux ! Il va même plus loin en n’hésitant pas à désigner les coupables : Philippe de Cherisey, authentique aristocrate possédant le titre de marquis et Pierre Plantard, roturier en mal de particule qui se fait appeler Pierre Plantard de Saint-Clair.

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    Les deux mystificateurs, Pierre Plantard (à gauche) et Philippe de Cherisey, créateurs des faux parchemins de l’abbé Saunière et de l’affaire du Prieuré de Sion, ont été démasqués par le journaliste Jean-Luc Chaumeil.

    Philippe de Cherisey finit par avouer sa supercherie au journaliste : « Ces parchemins des évangiles ont été fabriqués par moi : j’ai recopié le texte antique des ces évangiles écrit en onciale (lettres romaines majuscules) à la Bibliothèque Nationale dans l’ouvrage de Dom Cabrol intitulé « L’archéologie chrétienne ». Puis, pour parvenir à mon codage, j’ai utilisé le texte de la pierre tombale de Marie d’Hautpoul et le saut du cavalier du jeu d’échecs (deux cases en avant, puis une case sur le côté) ».

    Parallèlement, son complice Pierre Plantard essaye d’échafauder un scénario historique improbable : il déclare, à qui veut l’entendre, être le descendant des rois mérovingiens et appartenir à une mystérieuse organisation, le Prieuré de Sion, censée avoir été créée en 1150 ! Elle serait gardienne du secret du mariage de Jésus-Christ avec Marie-Madeleine, de la naissance de leur enfant et de la descendance de ce dernier, qui se serait prolongée jusqu’au roi mérovingien Dagobert II. En réalité, Pierre Plantard a inventé toute cette histoire : on finit par retrouver les statuts de l’association du Prieuré de Sion, dont il est le trésorier et qu’il a déposés le 7 mai 1956, à la sous-préfecture de Saint-Julien-en-Genevois, en Haute-Savoie.

    Ces mystifications ont inspiré deux best-sellers !

    Malgré l’aveu des deux mystificateurs, leurs mensonges sont repris par plusieurs écrivains anglo-saxons dont les livres se sont vendus à des millions d’exemplaires ! C’est le cas du trio anglais Michael Baigent, Richard Leigh et Henry Lincoln, auteurs en 1982 de l’ouvrage The Holy Blood and the Holy Grail, paru en France en 1983 sous le titre L'Énigme Sacrée.

    Vingt ans plus tard, ce sera au tour de l’Américain Dan Brown de reprendre l’idée, de façon plus romancée, pour son best-seller mondial Da Vinci Code. Signalons que les trois auteurs de L'Énigme Sacrée, indignés par la sortie de ce livre qu’ils estiment n’être qu’un vulgaire plagiat du leur, n’hésitent pas à attaquer Dan Brown en justice en mars 2006. Ils sont déboutés.

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    Après avoir étudié, dans cet article, l'énigme du trésor de Rennes-le-Château, nous nous intéresserons dans le prochain article à une autre énigme cryptographique : celle des étonnantes pierres gravées de l’abbaye de Saint-Wandrille (Seine-Maritime), ayant conduit à la découverte d'un fabuleux trésor en 1954.

    À SUIVRE

  • CHASSES AUX TRÉSORS-2

    Mystérieux codes secrets

    et caches à trésors (2ème partie)

    Par Jacques MANDORLA

    Auteur du livre « 60 trésors fabuleux à découvrir »

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    Éditions Trajectoire - 272 pages - 356 illustrations en couleurs - 25 €

    Livre disponible sur www.amazon.fr, www.fnac.fr et en librairie.

    Après avoir étudié, dans l'article précédent, 3 énigmes historiques fondées sur des messages codés (le carré magique SATOR, le plan du trésor templier de Rians et le cryptogramme du pirate La Buse), intéressons-nous à celle concernant une mystérieuse carte de l’île des Cocos. L’enjeu est de taille : si cette énigme était résolue, elle pourrait aboutir à la découverte d’un des plus fabuleux trésors de la planète !

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    Rappelons qu’aucune recherche trésoraire, avec ou sans détecteur de métaux, ne peut être effectuée sur l’ensemble des sites évoqués dans cet article, sans l’autorisation préalable des propriétaires des lieux.

    La mystérieuse carte de l’île des Cocos (1821)

    Petite île de 4 km de large sur 7 de long, l’île des Cocos se trouve en plein Océan Pacifique à 500 kilomètres du Costa Rica auquel elle appartient. Elle est difficile d'accès, cernée par des courants très violents et presque toujours cachée par des nuages.

    Malgré des sommets culminant à 700 mètres, le navigateur non équipé d’un G.P.S. ou d’un radar peut tourner en bateau autour, sans jamais la voir, tant la brume est épaisse ! Située en dehors des voies usuelles de navigation, elle fut considérée par la plupart des pirates comme le havre idéal pour radouber (faire des réparations), trouver de l'eau et s’alimenter, grâce aux cocotiers qui y poussent et auxquels l'île doit son nom.

    L'île des Cocos appartient à la République du Costa Rica : elle se situe en plein océan Pacifique à environ 600 kilomètres au large de ce pays, à 5° 32' de latitude nord et 87° 3' de longitude ouest.

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    Trois importants trésors, dont celui de Lima, à rechercher

    On possède beaucoup d’informations sur l’enfouissement d’au moins trois énormes dépôts trésoraires dans l’île : le premier caché par Edward Davis en 1702 dans la baie de l’Espérance, le deuxième par Bennett Graham en 1818 dans la baie de Wafer et le dernier par le capitaine William Thompson en 1821 dans la baie de Chatham.

    Rien d’étonnant à ce que les trois uniques baies existant sur l’île aient été choisies pour y cacher des trésors : ce sont des repaires abrités des vents où les bateaux peuvent relâcher, permettant à l’équipage de se reposer et de débarquer sur la berge sans trop de difficultés.

    Intéressons-nous au trésor enfoui par un capitaine écossais, du nom de William Thompson, car c’est le plus riche des trois et il peut être retrouvé si l’on parvient à déchiffrer un message codé. Surnommé « le trésor de Lima », il est évalué à plus d'un milliard d’euros !

    Nous sommes en 1821 : la plupart des États d’Amérique du Sud se soulèvent et veulent obtenir leur indépendance. À Lima, capitale du Pérou, pays tenu par les Espagnols du vice-roi Pezuela, c’est la panique : l'Église catholique décide d’affréter un bateau, la Mary Dear, pour rapatrier en Espagne les principales richesses abritées dans la cathédrale de Lima, mais aussi dans la soixantaine d’églises de la ville.

    À ces trésors religieux, il faut ajouter les magots des plus riches conquistadors espagnols vivant au Pérou, qui veulent eux aussi mettre leur fortune à l'abri et rentrer au pays.

    Les biens à emporter sont si nombreux qu’il faudra deux jours entiers pour charger, à bord de la Mary Dear, pièces d’or, bijoux, ciboires, vaisselles d'or et d'argent, pierres précieuses, livres, archives, tableaux,... mais surtout l’objet le plus remarquable de cette cargaison : une statue en or massif de deux mètres de haut représentant la Vierge Marie portant Jésus !

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    Il a fallu deux jours entiers pour charger tous les trésors à bord de la « Mary Dear » (illustration de Barrie Linklater).

    Le fabuleux chargement installé à bord, le capitaine Thompson donne l'ordre d'appareiller de toute urgence. Dès que la Mary Dear a quitté le port de Lima, ses matelots réussissent à convaincre Thomson de s’emparer des richesses embarquées et d’éliminer tous les passagers. Ceux-ci sont alors égorgés et jetés par-dessus bord !

    Thomson fait ensuite mettre le cap sur l’île des Cocos et enter­rer le trésor dans la baie de Chatham, située au nord-est de l’île. Puis il élabore un scénario étonnant : comme il sait que les accords internationaux punissent de mort tout crime de piraterie, il a l’idée de mettre le feu à son navire et de regagner la côte en canot de sauvetage avec son équipage. L’objectif est de faire croire qu’ils sont les derniers survivants d’un naufrage, au cours duquel les passagers, n’ayant pas le pied marin, se sont tous noyés !

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    Le capitaine Thomson, après avoir mis le cap sur l’île des Cocos, a fait cacher le trésor de la « Mary Dear » dans la baie de Chatham, située au nord-est de l’île.

    Malheureusement pour Thomson et ses matelots, des cadavres de passagers sont repêchés peu après sur les côtes péruviennes : les Espa­gnols arrêtent tous les pirates et les pendent haut et court. Ils épargnent cependant Thompson, auquel ils promettent la vie sauve s'il indique l'em­placement du trésor. Thompson parvient à s'échapper avant d’avoir parlé, probablement en achetant la complicité d’un de ses gardiens et s’enfuit au Canada : il ne reviendra jamais plus sur l’île.

    Quatorze ans plus tard, en 1835, l’affaire rebondit. Un historien découvre, par hasard, l’inventaire détaillé du trésor dans un document original des archives du musée de Caracas (Venezuela) : « Nous avons mis par quatre pieds (1,2 mètre) dans la terre rouge, une caisse avec ciboires, ostensoirs, calices, comprenant 1 244 pierres. Une caisse avec 2 reliquaires en or pesant 120 livres, avec 654 topazes, cornalines et émeraudes, 12 diamants. Une caisse avec 3 reliquaires pesant 160 livres, avec 860 rubis et diverses pierres, 19 diamants. Une caisse avec 4 000 doublons d'Espagne, 5 000 crowns du Mexique. 124 épées, 64 dagues, 120 baudriers, 28 rondaches (boucliers). Une caisse avec 8 coffrets cèdre et argent, avec 3 840 pierres taillées, anneaux et 4 265 pierres brutes. À 28 pieds (9 mètres) nord·ouest, à 8 pieds (2,8 mètres) dans le sable jaune : 7 caisses avec 22 candélabres or et argent, pesant 250 livres, avec 164 rubis par pied. À 12 brasses (22 mètres) par ouest, à 10 pieds (3,3 m) dans la terre rouge : la Vierge de deux mètres en or, avec l'Enfant Jésus, avec sa couronne et son pectoral de 780 livres, enroulée dans sa chasuble d'or, avec dessus 1 684 pierres dont 3 émeraudes de 4 pouces (10 cm) au pectoral et 6 topazes de 6 pouces (15 cm) à la couronne. Les 7 croix en diamants ».

    Si cette description est particulièrement précise et confirme le contenu exceptionnel du trésor, aucune indication du lieu d’enfouissement ne se trouve, hélas, sur ce document. Il est intéressant de noter, dans le trésor, la présence d’une caisse contenant 4 000 doublons d’or, appelés aussi « doubles escudos ». Le doublon en circulation à l’époque est une monnaie faisant 22 mm de diamètre, pesant 7 g, à l’effigie du roi Charles III d’Espagne et frappée l’année de sa mort en 1788. Cote : 700 euros en qualité TTB. La valeur du contenu de la caisse se monte donc à 2,8 millions d’euros !

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    Le trésor de Thomson contient, entre autres, une caisse de 4 000 doublons de 2 escudos, à l’effigie du roi Charles III d’Espagne, frappés l’année de sa mort en 1788. Une monnaie de cette année-là cote 700 euros en qualité TTB.

    Sept ans plus tard en 1842 et juste avant de mourir, Thomson révèle le lieu exact de la cachette à l’un de ses amis, un certain John Keating : « Débarquer baie de Chatham entre deux îlots, par fond de dix yards. Marcher le long du ruisseau, 350 pas puis obliquer nord-nord-est 850 yards. Pic, le soleil couchant dessine l’ombre d'un aigle, ailes déployées. À la limite de l’ombre et du soleil : une grotte marquée d'une croix. Là est le trésor ».

    Muni de ces précisions, Keating se précipite sur l'île des Cocos. Il aurait, semble-t-il, trouvé le magot caché dans la grotte par le capitaine Thomson, grâce aux indications de ce dernier. Il n’en aurait emporté qu’une partie seulement, laissant les objets les plus volumineux en place, bien décidé à revenir les chercher lors d’une prochaine expédition… qu’il ne fera jamais.

    L’affaire en est là aujourd’hui, mais elle pourrait rebondir un jour : mon vieil ami (qui nous a quittés en septembre 2016) le chercheur de trésors français Michel Bagnaud avait effectué plusieurs expéditions sur l’île, dont l'une en compagnie du grand spécialiste du trésor des Cocos, Robert Vergnes, disparu en 2004 et auteur du livre "La dernière île au trésor" paru chez Balland en 1978.

    Michel Bagnaud était, en effet, en possession d’un plan original que lui a donné, avant sa mort en 1978, Robert Charroux le fondateur du Club international des chercheurs de trésors.

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    Lors de ses expéditions, Michel Bagnaud utilise différents types de détecteurs électroniques, dont un dit « à grande profondeur », sur l’une des plages de l’île des Cocos.

    Il existe cependant une difficulté de taille : il faut déchiffrer le texte énigmatique qu’il contient. Hélas, à ce jour, personne n’a pu « craquer » ce code. Celui qui parviendra à interpréter ce message secret localisera alors, peut-être, ce qu’il reste encore du fabuleux trésor du capitaine Thomson !

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    APPEL AUX INTERNAUTES : si vous parveniez à déchiffrer cet énigmatique message inscrit sur ce plan, vous pourriez alors identifier l'emplacement exact du trésor de Lima, enfoui dans l’île des Cocos !

    Vos suggestions sont les bienvenues par email sur : paranormal@orange.fr

    Aps avoir étudié, dans cet article, l'énigme du trésor des Cocos, nous nous intéresserons dans le prochain article à celle du trésor de l'abbé Saunière et de l'étrange texte figurant sur une pierre tombale de Rennes-le-Château. L’enjeu est de taille : si ce texte énigmatique était déchiffré, cela pourrait aboutir à la découverte d’un des plus fabuleux trésors de la planète !

    À SUIVRE

     

  • CHASSES AUX TRÉSORS

    Mystérieux codes secrets

    et caches à trésors (1ère partie)

    Par Jacques MANDORLA

    Auteur du livre « 60 trésors fabuleux à découvrir »

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    Éditions Trajectoire - 272 pages - 356 illustrations en couleurs - 25 €

    Livre disponible sur www.amazon.fr, www.fnac.fr et en librairie.

     

    Ceux qui enfouissent des trésors rédigent parfois des messages secrets, appelés cryptogrammes, qui leur permettront de retrouver, plus tard, l’emplacement de leur magot. Mais, fait très intéressant, certains d’entre eux ne sont jamais revenus les récupérer. Voici des énigmes qui, si elles sont résolues, pourraient aboutir à la découverte de fabuleux trésors !

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    Créer un code pour dissimuler une information ou pour révéler la cache d’un trésor est une technique appelée « stéganographie » (du grec steganós, étanche et graphế, écriture), mot inventé par Alphonse Bertillon (1853-1914), le père de l’anthropométrie, célèbre méthode d’identification des criminels au moyen de leurs empreintes digitales. Aujourd’hui, le terme de « stéganographie » tend à être remplacé par celui de « cryptographie » (du grec kruptos, caché) jugé plus moderne.

    On pourrait croire que cet art fort ancien est tombé, de nos jours, en désuétude : il n’en est rien. Mieux, il suit l’évolution technologique : la vidéo (grâce aux images subliminales, invisibles à l’oeil nu mais perçues par le cerveau, obtenues en rajoutant une 25e image aux 24 habituelles par seconde) et aussi l’audio (grâce à la diffusion, dans des musiques, de messages codés, parfois à vocation satanique) ont remis la cryptographie au goût du jour. Et, sur le Web, les « hackers », ces pirates géniaux mais sans scrupule parviennent à casser les codes les plus sophistiqués, afin de s'infiltrer dans les ordinateurs les mieux protégés, pour y semer la panique, implanter quelques virus dévastateurs ou piller des informations.

     

    Le cryptage : un art très ancien

    L’invention du codage remonte au Ve siècle avant Jésus-Christ. On la doit à un certain Histiée, gouverneur de la ville grecque de Milet (située sur la côte sud-ouest de l’actuelle Turquie), qui a organisé la lutte contre les Perses. Pour donner à son adjoint Aristagoras l’ordre de déclencher la bataille, Histiée a utilisé la stéganographie : il a pris son plus fidèle esclave, lui a fait raser la tête puis tatouer un message sur le crâne. Dès que ses cheveux ont repoussé, l’esclave a été envoyé à Aristagoras qui n’avait plus qu’à lui raser, à nouveau, le crâne pour lire le message lui intimant l’ordre d’attaquer !

    En Égypte, à la cour de Pharaon, le grand prêtre marquait les enfants royaux d'un signe distinctif et indélébile derrière l'oreille, connu de lui seul : cette sorte de « matricule », comportant le nom et la date de naissance des princes et princesses, permettait de repérer une éventuelle substitution d’un des héritiers ! Il s'agissait, en somme, d'un système de tatouage semblable à celui qu’on utilise aujourd'hui pour les animaux ou pour les voitures !

    En Grèce, dans la ville de Sparte, les « éphores » (les cinq plus grands magistrats de la cité) communiquaient entre eux grâce à un système cryptographique consistant à enrouler sur un cylindre de bambou, appelé « scytale » (ou « bâton de Plutarque »), un ruban de cuir dont les bords devaient parfaitement coïncider. Le message à transmettre s'inscrivait en lignes successives, parallèles à l'axe du support. Une fois le texte écrit, on déroulait le ruban qui présentait alors une suite de lettres incompréhensibles et on le confiait au messager qui le passait à sa taille, en guise de ceinture. Le destinataire n'avait ensuite aucune peine à lire le message, à condition de posséder un cylindre de bambou ayant exactement le même diamètre. Ainsi, un message incompréhensible comme « EPH, NNON, EMES, ORES, SDES, SAGES, DESP, UIVR, INON, ARTE, ELE, CESE, NOU, PORT, RALA, STO, EUR, GUER, RDO, DEC, RE » révélait tout son sens caché, après avoir été enroulé autour du scytale : « EPHORES DE SPARTE, NOUS T'ORDONNONS DE SUIVRE LE PORTEUR DE CE MESSAGE SINON CE SERA LA GUERRE ».

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    Le scytale (invention des responsables de la ville de Sparte dans la Grèce antique) était un cylindre de bambou permettant de déchiffrer un message secret inscrit sur un ruban de cuir.

    Chez les Romains, Jules César fut aussi un fervent adepte de la cryptographie. Dans son célèbre ouvrage Commentaires sur la Guerre des Gaules, il révèle comment il a codé un message pour Cicéron, assiégé dans son camp sur la Sambre (un affluent de la Meuse), dans lequel il lui annonce l’envoi de troupes en renfort. Son code (nommé depuis « chiffre de César ») repose sur la technique dite de substitution, qui consiste à remplacer une lettre par une autre lettre, située plusieurs places après elle dans l’alphabet. César avait choisi une substitution de facteur 3 : A devenait D, B devenait E et ainsi de suite. Avec ce code, le message « ENVOI DE RENFORTS EN GAULE » s’écrivait donc « HQYRL GH UHQIRUWV HQ JDXOH ».

    trésor,livre,mandorla,détection,chasse,découverte,épave,or,météotite,inventeurPour fuir les persécutions, les premiers Chrétiens se servirent de la cryptographie pour communiquer entre eux ou pour parapher des documents. Leur signe principal de reconnaissance, en dehors de celui de la croix, était le poisson. Explication : l’acrostiche (premières lettres de chaque mot) de « Iesus KHristos THeou Uios Soter » (Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur) donne ikhthus, ce qui signifie « poisson » en grec ancien. Le dessin de poisson est ainsi devenu le symbole des Chrétiens entre le Ier et le IVe siècles et il était dissimulé, à l’époque, dans des oeuvres d’art, des fresques, des mosaïques, des monuments ou des graffiti.

     

    Les cryptogrammes de Léonard de Vinci

    Le fameux génie de la Renaissance avait pris, très jeune, l'habitude d'écrire de la main gauche et à l’envers, afin de dissimuler ses notes à la curiosité de son entourage. Seuls ses illustres correspondants et ses intimes connaissaient cette façon de crypter ses messages et parvenaient à les déchiffrer, en les lisant dans un miroir.

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    Mais pour certains documents destinés à rester parfaitement secrets, comme ses inventions (hélicoptère, parachute,…), Léonard de Vinci n’hésitait pas à procéder à un double cryptage, intercalant volontairement des leurres (lettres ou mots parasites) dans ses textes, ce qui les rendait alors quasiment incompréhensibles à toute autre personne ! Se sachant beaucoup imité, il allait parfois jusqu’à dissimuler dans ses œuvres sa signature Leonardus Vinci Academia, qu’il calligraphiait selon le même procédé. Dans les années 1990, c'est en repérant cette signature secrète qu'un célèbre expert de Florence reconnut, avec certitude, l'authenticité jusqu’alors controversée d'une œuvre du maître italien.

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    Les principaux signes secrets indiquant la présence de trésors 

    Si la cryptographie est utilisée depuis des millénaires à des fins politiques, militaires ou artistiques, elle sert aussi à indiquer l’endroit d’enfouissement de trésors. Ainsi, leur présence est souvent signalée par un cercle, seul ou avec des variantes, comme ci-après.

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    D’autres signes peuvent être identifiés sur des murs ou sur des rochers, localisant des caches proches ou des directions à suivre. En voici quelques-uns, relatifs aux pirates et aux Templiers, que vous pourriez avoir la chance de rencontrer un jour. Dans ce cas, poussez plus loin votre curiosité : un trésor est peut-être à portée de main !

    Dans cet article et dans le suivant, nous allons étudier, classés par ordre chronologique, six énigmes historiques fondées sur des messages codés qui pourraient peut-être permettre, à ceux qui parviendraient à les déchiffrer, de découvrir l’un des plus fabuleux trésors de la planète : le carré magique SATOR (1307), le plan du trésor templier de Rians (1313), le cryptogramme du pirate La Buse dans l’océan Indien (1730), la mystérieuse carte de l’île des Cocos (1821), l’étrange pierre tombale de Rennes-le-Château (1886) et les pierres gravées de l’abbaye de Saint-Wandrille (1954).

    Rappelons qu’aucune recherche trésoraire, avec ou sans détecteur de métaux, ne peut être effectuée sur l’ensemble des sites évoqués dans cet article, sans l’autorisation préalable des propriétaires des lieux.

    Le carré magique SATOR des Templiers (1307)

    Sur les murs des commanderies, on peut parfois trouver cinq mots écrits en latin, disposés sur cinq lignes en carré (appelé « carré magique ») et pouvant se lire de gauche à droite ou de droite à gauche (les spécialistes nomment cela un palindrome) ainsi que verticalement ou horizontalement : SATOR AREPO TENET OPERA ROTAS.

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    Ce cryptogramme a donné lieu à plusieurs transcriptions, toutes énigmatiques : « Le laboureur dirige les travaux à sa charrue », ou bien « Le semeur fait tourner la roue au travail » ou encore « Dieu dirige le travail de l'homme et le produit de la terre ». Le carré SATOR est cependant bien antérieur aux Templiers : il remonte à 2 000 ans au moins. En effet, l’archéologue italien Matteo della Corte (1875-1962) en a découvert deux dans une église en ruines de Pompéi, cité détruite par l’éruption du Vésuve en 79 après Jésus-Christ.

    Ce code secret ancien a été réutilisé, bien plus tard, par les Templiers afin d’indiquer l’emplacement des trésors qu’ils ont cachés à partir du 13 octobre 1307, date à laquelle le roi de France Philippe IV le Bel a donné l’ordre d’arrêter tous les membres de l’Ordre. On s’est souvent demandé pourquoi le roi s’est acharné contre les Templiers. Il avait quatre excellentes raison de le faire. D’abord, il lui fallait rembourser la somme de 500 000 livres qu’il leur avait empruntée pour doter sa fille. Ensuite, il avait souhaité être admis dans l’Ordre afin de pouvoir en devenir le Grand Maître : or, son admission lui fut refusée, ce qu’il perçut comme un affront irréparable ! Puis, il lui fallait renflouer les caisses de la royauté qui étaient dramatiquement vides : il a donc lorgné sur les commanderies de l’Ordre du Temple car elles assumaient la fonction d’agence bancaire aussi bien pour les pèlerins que pour les puissants. Enfin, il rêvait de récupérer le trésor que les Templiers auraient, dit-on, rapporté de Jérusalem en 1291, lorsque les Musulmans chassèrent les Chrétiens de Palestine. Les chroniques de l’époque affirmaient, en effet, que les Templiers auraient réalisé des fouilles dans les écuries de l’ancien temple du roi Salomon et auraient ainsi fait deux inestimables découvertes : l’Arche d’Alliance et les Tables de la Loi !

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    Jacques de Molay, vêtu du manteau à la croix pattée rouge, fut le dernier Grand Maître de l’Ordre des Templiers : il fut exécuté en 1314 sur ordre du roi Philippe IV le Bel.

    La corrélation entre carré SATOR et trésor n’est pas un mythe. Ainsi, dans les années 1960, une découverte trésoraire a été effectuée dans une ancienne commanderie templière du village d’Ambourville, en Seine-Maritime. Le propriétaire avait décidé de faire installer une chaudière dans sa cave, juste au pied d’un carré SATOR gravé sur l’un des murs. En creusant dans le sol, les ouvriers mirent au jour une dalle de pierre, sous laquelle était enterré un pot contenant plusieurs centaines de pièces d’or datant du roi Philippe IV le Bel… le responsable de l’extermination des Templiers !

    Ces derniers avaient aussi élaboré un alphabet secret, créé à partir de leur emblème : la croix pattée à huit pointes. Voici la grille qui permet de déchiffrer des inscriptions templières dont certaines peuvent indiquer la présence d’un trésor (il faut noter que les lettres J, K et Y n’existent pas dans l’alphabet templier).

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    Signalons aussi l’existence d’une pratique étonnante et peu connue, mise au point par les Templiers : dans certaines commanderies, la septième marche de l’escalier principal était creuse puis rebouchée, servant alors de cache pour y dissimuler un trésor !

    Un plan secret des Templiers à déchiffrer (1313)

    Nous disposons, dans nos archives, d’un plan relatif à un trésor templier caché près du bourg de Rians (Var), situé sur la départementale 3, entre Saint-Maximin et Manosque.

    Sur le terrain, la présence des Templiers n’est plus visible aujourd’hui que par l’existence des ruines de la chapelle Saint-Pierre, construite au sommet de la colline dominant Rians.

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    Lors de la persécution des Chevaliers du Temple, lancée en 1307 et poursuivie jusqu’en 1314, les derniers membres de l’Ordre vivant à Rians se seraient réfugiés dans cette chapelle où ils auraient été exécutés. Auparavant, ils ont cependant eu le temps de dresser le plan d’une cache trésoraire… qu’on recherche encore de nos jours.

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    Si l’on observe attentivement ce plan, on remarque, en bas à droite, une date écrite en chiffres romains qui semble être MCCCXIII (1313), c’est-à-dire l’année précédant l’exécution des derniers Templiers dont leur Grand Maître Jacques de Molay. La phrase en latin, en haut du plan, « Non nobis Domine, non nobis, sed Nomini Tuo da Gloriam » provient du Psaume 115 de la Bible et signifie « Non pas à nous Seigneur, non pas à nous, Mais à Ton Nom, donne la gloire ». Enfin, le grand dessin visible dans le bas semble représenter un souterrain-refuge composé de plusieurs salles : le trésor serait-il caché dans l’une d’entre elles ? Pour le savoir, il faudrait préalablement déchiffrer l’intégralité des éléments codés figurant sur ce plan !

    Ce trésor doit probablement contenir des monnaies datant du règne du roi Philippe IV le Bel. Ce dernier a, en effet, fait frapper de nombreuses monnaies dont l’une des plus recherchées est le « denier d’or à la masse », pesant 7 grammes et mis en circulation à partir du 10 janvier 1296. Une pièce de ce type a été vendue aux enchères par la société Hess-Divo, le 7 mai 2003, au prix de 13 500 francs suisses, soit 9 000 euros environ ! À l’avers, on voit le roi assis de face couronné, vêtu d’un manteau, tenant dans sa main gauche une fleur de lis et dans sa main droite un sceptre, terminé par une fleur de lis florencée, le tout dans un polylobe tréflé cantonné d’annelets. Au revers est visible une croix feuillue et fleuronnée avec quadrilobe en coeur, cantonnée de quatre lis, dans un quadrilobe aux quatre angles extérieurs tréflés.

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    L’énigmatique cryptogramme du pirate La Buse (1730)          

    L'un des trésors de pirates les plus recherchés au monde est celui d'Olivier Levasseur, surnommé « La Buse » en raison de la rapidité avec laquelle il attaquait les bateaux. Au mois d'avril 1721, il réussit le plus bel exploit de sa carrière en s'emparant d’un riche vaisseau portugais, armé de 72 canons, nommé Vierge du Cap qui assure la liaison entre Goa (comptoir portugais en Inde) et Lisbonne. Le bateau, cherchant refuge contre la tempête qui sévit dans cette partie de l’océan Indien, se réfugie dans le port de Saint-Denis, capitale de l'île Bourbon (aujourd'hui La Réunion). L’abordage n’est qu’une simple formalité car les 500 marins et passagers sont tous à terre, seuls quelques hommes d’équipage étant restés à bord ! En très peu de temps, La Buse fait alors main basse sur une véritable fortune : diamants, émeraudes, saphirs, rubis, perles, lingots d'or et d'argent, meubles, tissus, vases sacrés… et surtout la très lourde (100 kg) et très précieuse crosse en or, sertie de diamants, de rubis et d’opales, appartenant à l’archevêque de Goa, don Sebastian de Andrado, qui voyage à bord !

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    Capturé et emprisonné neuf ans plus tard à Saint-Denis de la Réunion, Olivier Levasseur profite de sa captivité pour rédiger un message codé. Quand il monte sur le gibet pour y être pendu, il lance dans la foule un parchemin en guise de testament, tout en s’écriant : « Mon trésor à qui saura comprendre ! ».

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    Ce cryptogramme a ensuite mystérieusement disparu… pour réapparaître près de deux siècles plus tard, en 1923, chez un notaire de l’île de Mahé, la plus grande île des Seychelles. Puis l’affaire rebondit en 1934 quand l’écrivain et historien de la marine Charles Bourel de la Roncière (1870-1941) publie, dans son livre Le Flibustier mystérieux, histoire d'un trésor caché, ce qu’il estime être le décryptage du message, après avoir utilisé à la fois l’alphabet maçonnique et les Clavicules de Salomon (figurant dans les grimoires de haute magie du Moyen Âge, ces clavicules ou « petites clés » permettent d’interpréter les nombres et de réaliser des talismans). Malheureusement, la transcription de l’écrivain n’est pas convaincante : on y trouve, en effet, des mots clairement compréhensibles en français et d’autres qui ne sont qu’un abscons charabia. Si le cryptogramme de La Buse est authentique, il faut certainement trouver une seconde clé pour résoudre l’énigme.

    Certains individus, plus charognards que chercheurs, sont même allés jusqu’à vandaliser la tombe du pirate sur l’île de la Réunion, mais ces exactions n’ont fourni aucune information relative au trésor.

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    À l’heure actuelle, faute d’avoir déchiffré le parchemin, on en est réduit à émettre des hypothèses sur le lieu d’enfouissement du trésor. Selon les sources, il se situerait sur l’une des principales îles de l’océan Indien : Maurice (l’ancienne île de France), La Réunion, Mahé (où est aussi recherché le trésor d’un autre pirate célèbre : Bernardin Nagéon de l’Estang) et enfin Sainte-Marie, située au nord-est de Madagascar et surnommée « L'île aux Forbans » où La Buse a d’ailleurs longtemps séjourné et où serait caché, selon le chercheur de trésors français Erick Surcouf, le magot de l’un des plus grands pirates du XVIIe siècle, l’Anglais John Avery !

    Après avoir étudié, dans cet article, trois énigmes historiques fondées sur des messages codés (le carré magique SATOR, le plan du trésor templier de Rians et le cryptogramme du pirate La Buse), nous passerons en revue, dans le prochain article, trois autres énigmes : celles liées à une mystérieuse carte de l’île des Cocos, à une étrange pierre tombale de Rennes-le-Château et aux étonnantes pierres gravées de l’abbaye de Saint-Wandrille.

    À SUIVRE