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LE BLOG DES CHERCHEURS DE TRÉSORS - Page 5

  • ARTEFACTS MYSTÉRIEUX (1)

    Enquête sur 7 énigmatiques artefacts de l’Antiquité (1ère partie)

    Par Jacques Mandorla

    Auteur de "60 trésors fabuleux à découvrir"

    (Éditons Trajectoire)

    272 pages - 356 illustrations en couleurs - 25 €

    Disponible sur www.amazon.fr, www.fnac.fr et en librairie

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    Plusieurs objets, datant de l’Antiquité, posent des énigmes quasiment insolubles aux archéologues et aux historiens. Voici les 7 artefacts les plus surprenants existant sur Terre, dont la fonction n’est toujours pas parfaitement identifiée à ce jour : le disque en argile de Phaistos, le disque céleste de Nebra, la pile électrique de Bagdad, l’horloge astronomique d’Anticythère, les étranges dodécaèdres en bronze, les sphères géantes du Costa Rica et le disque astrologique de Chevroches.

    Dans ce premier article, partons à la découverte des 4 premiers étonnants trésors archéologiques, classés dans l’ordre chronologique de la date présumée de leur création : le disque en argile de Phaistos, le disque céleste de Nebra, la pile électrique de Bagdad, l’horloge astronomique d’Anticythère.

    1 700 avant J.-C. : le disque en argile de Phaistos

    Le 3 juillet 1908 à Phaistos (Crète), l’archéologue italien Luigi Pernier fait une découverte très spectaculaire en exhumant un disque en argile comportant, sur chaque face, une écriture énigmatique. Juste à côté de cet objet se trouvait un morceau de tablette comptable, gravée de signes en Linéaire A, une écriture utilisée dans la Crète ancienne entre 1 800 et 1 500 avant J.-C. et toujours pas déchiffrée à ce jour.

    Le disque mesure environ 16 cm de diamètre pour 1,9 cm d’épaisseur. Il est aujourd’hui exposé au musée archéologique d’Héraklion, la capitale de la Crète.

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    Sur les 2 faces, on dénombre 45 signes différents, appelés aussi pictogrammes, dont certains reviennent plusieurs fois. Au  total, on compte 241 signes : 123 sont répartis dans 31 cases sur la face A et 118 dans 30 cases sur la face B, tous réalisés à l’aide de poinçons imprimant chaque dessin dans l’argile fraîche, avant que celle-ci n’ait été passée au four.

    Les trois signes reproduits le plus souvent sont « le guerrier à la crête », gravé 19 fois, « le bouclier » présent 17 fois et « la peau de bête » 15 fois. Certains signes sont très explicites parce que leur dessin s’interprète de façon immédiate : aigle, poisson, serpent, bâton, hache, fleur,… D’autres sont des personnages plus difficiles à interpréter. Et certains sont incompréhensibles.

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    Les 45 pictogrammes différents, figurant sur les deux faces du disque, ont été classés et numérotés de 1 à 45 par l’archéologue anglais Arthur Evans.

    Ces signes sont disposés comme dans nos « jeux de l’oie » modernes : les cases se suivent en une spirale partant de l'extérieur et se dirigeant vers le centre. L’archéologue Luigi Pernier pense que les signes du disque doivent se lire en partant du centre et en allant vers l’extérieur car les différents personnages du disque se déplacent ou regardent vers la droite.

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    Dessins précis figurant sur les deux faces du disque.

    Réussir à savoir quand ce disque a été réalisé n'est pas chose facile. En effet, personne n’étant parvenu, à ce jour, à déchiffrer les signes figurant sur les deux faces, on ne dispose d’aucune information qui permettrait une datation, comme par exemple des noms de rois, de lieux, de batailles,… De plus, l'absence dans l’argile de toute trace de matière organique (bois, pollens, insectes…) empêche d’utiliser la technique habituelle de datation au Carbone 14. Luigi Pernier, en observant de nombreux débris de céramiques retrouvés près du disque, a estimé l’âge de fabrication du disque entre 1 700 et 1 620 avant J.-C.

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    C’est dans le petit « compartiment », au premier plan à droite, que Luigi Pernier  a découvert le disque d’argile gravé d’une écriture énigmatique. (C) Philippe Plagnol

    Depuis 1908, tous les spécialistes qui cherchent à résoudre l’énigme de cette écriture se trouvent devant une difficulté majeure : le disque ne comporte pas, à côté des pictogrammes, une seconde écriture qui serait déjà connue. Cela aurait permis de procéder comme pour l’étude de la pierre de Rosette, découverte en 1799 au nord de l’Égypte par des soldats de Napoléon : la cohabitation de trois écritures différentes d’un même texte (hiéroglyphes en haut, démotique au milieu et grec ancien en bas) avait, en effet, donné à Jean-François Champollion les clés pour parvenir à déchiffrer l’écriture sacrée des anciens Égyptiens.

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    La Pierre de Rosette, découverte en 1799 au nord de l’Égypte par des soldats de Napoléon, a permis à Jean-François Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes en 1822.

    Pour la plupart des chercheurs, le texte du disque de Phaistos serait écrit en grec ancien. Parmi les essais de déchiffrement qui ont été proposés à ce jour, on relève pratiquement autant d’hypothèses qu’il y a de chercheurs : calendrier astral, hymne guerrier, éloge funèbre, hymne à la déesse de la fertilité, document comptable, prière, manuel pour prévoir l’avenir, inscription magique, liste d’offrandes faites à un temple, traité politique, décret juridique, invitation à la fête des fleurs, plan d’un palais crétois, démonstration mathématique, appel à la guerre, partition musicale, jeu de société... Des interprétations ésotériques farfelues ont même été émises, évoquant un document provenant de l’Atlantide ou encore un message des extraterrestres !

    Parmi la centaine de propositions existantes, voici les plus notables. En 1976, le chercheur russe Vladimir Georgiev suppose que le disque relate l’histoire du roi de Crète Minos. En 1996, Derk Ohlenroth croit reconnaître une offrande faite à Zeus, afin de calmer son courroux après l’éruption du volcan de Santorin, qui s’est produite vers 1 600 av. J.-C. En 2001, le mathématicien scandinave Ole Hagen considère être en présence d’un calendrier astronomique indiquant les différentes phases de la Lune. En 2003, l’ingénieur tchèque Petr Kovar suggère que les signes sont écrits en langue slave archaïque et relatent la confession d’une esclave retenue en captivité par le roi de Crète.

    En 2013, l’ingénieur français Philippe Plagnol estime qu’il pourrait être lié aux bagues minoennes du XIVe siècle av. J.-C. et à la Palestine. En 2014, Gareth Owens, chercheur en linguistique de l'Institut technologique de Crète, et John Coleman, professeur de phonétique à Oxford, estiment qu’il s’agit d’un texte de prière à la déesse-mère.

    À ce jour, et malgré toutes les recherches menées depuis plus d’un siècle, le mystère du disque de Phaistos n’est toujours pas entièrement résolu !

     

    1 600 avant J.-C. : le disque céleste de Nebra

    Si des policiers suisses n’avaient pas interpellé des revendeurs allemands d’objets archéologiques provenant de pillages, on ignorerait probablement encore l’existence du « disque de Nebra ».

    La scène se passe à l’hôtel Hilton de Bâle le 23 février 2002 : de vrais policiers, jouant les faux acheteurs, arrêtent un couple qui leur propose, pour 350 000 euros (!), un lot comprenant deux épées, des bracelets, trois haches et un énigmatique disque, rehaussé de plaques d’or incrustées. Tous ces artefacts, provenant d’un même dépôt, sont en bronze.

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    Placé en garde à vue, le couple finit par avouer avoir acheté ce lot pour 18 000 euros. La transaction s’est faite dans son restaurant, situé dans la ville de Neuss près de Cologne. Les enquêteurs découvrent alors, avec stupeur, que c’est le lieu de rendez-vous de nombreux utilisateurs de détecteurs de métaux qui pillent des sites archéologiques, puis viennent y vendre leurs trouvailles !

    Le lot confisqué a été trouvé par deux prospecteurs qui arpentaient, en juillet 1999, une petite butte boisée de 250 m de hauteur, appelée mont Mittelberg, en Saxe-Anhalt (Allemagne centrale), près de la ville de Nebra/Unstrut. Les deux détectoristes seront condamnés en septembre 2003 à une peine de prison avec sursis et à 250 heures de travail d’intérêt général.

    Alerté par les enquêteurs, l’archéologue Harald Meller, spécialiste de la civilisation de l’Âge du Bronze, se rend sur le lieu de la découverte indiqué par les détectoristes et identifie alors les traces d’une enceinte circulaire de 300 m environ, au centre de laquelle ont été trouvés les objets qui faisaient vraisemblablement partie d’un dépôt cultuel. L’analyse par la technique du Carbone 14, effectuée peu après, a permis de dire que les objets datent de 1 600 avant J.-C.

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    Le disque fait 32 cm de diamètre, 2 mm d’épaisseur et pèse 2 100 g. Il représente, d’après l’archéologue Harald Meller, une vue du ciel sur fond vert, comprenant plusieurs éléments cosmiques : le Soleil (cercle), la Lune (croissant), 7 points groupés entre le Soleil et la Lune (peut-être la constellation des Pléiades : dans la mythologie grecque, celles-ci symbolisaient les sept filles d’Atlas), 23 points (étoiles) et deux arcs de cercle (solstices d’été et d’hiver ? lignes d’horizon ? barques célestes ?).

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    Dans la mythologie grecque, les Pléiades symbolisaient les sept filles d’Atlas : sur le disque de Nebra, cette constellation est représentée par 7 points groupés, entre le Soleil et la Lune (tableau de Elihu Vedder – Met de New York - 1885).

    Le disque pourrait donc être une représentation du ciel faite par un observateur situé en Allemagne il y a 3 600 ans : ce serait alors la configuration la plus ancienne de la voûte céleste.

    Il est intéressant de noter que la constellation des Pléiades jouait, dans l’Antiquité, un rôle important dans l'établissement des calendriers agricoles (dates de semailles et de moissons).

    Le disque (ainsi que de nombreux autres objets archéologiques trouvés sur le site) est maintenant exposé dans un musée nommé « Arche Nebra », spécialement bâti en 2007 sur le lieu même de la découverte.

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    L'Arche Nebra », musée spécialement bâti en 2007 sur le lieu même de la découverte.

     

    250 avant J.-C. : la pile électrique de Bagdad

    Lors de fouilles archéologiques effectuées en 1930 sur le site montagneux de Khujut Rabu, au sud-est de Bagdad (Irak), les chercheurs de la Direction générale des Antiquités irakiennes ont trouvé de nombreux objets (verreries, statuettes de terre, tablettes gravées…) dans les ruines d'un village occupé jadis par les Parthes, peuple semi-nomade originaire de la Perse antique qui a vécu dans la région vers le IIIe siècle avant J.-C.

    Tous les objets ramassés lors de cette mission sont alors rangés négligemment dans une caisse portant l’étiquette « Objets de culte non classés » et qui est ensuite remisée dans les réserves du musée.

    Il faut attendre 1936 et l’arrivée de l’artiste-peintre et archéologue amateur autrichien Wilhelm König, nommé conservateur du Musée national d’Irak, pour redécouvrir la caisse et son contenu. Un objet retient plus particulièrement l’attention de König : « C'est un instrument qui ressemble à un vase d'argile jaune clair dont le col aurait été ôté. Il contient un cylindre de cuivre, fermement maintenu par du bitume. Le vase mesure 15 cm de haut pour un diamètre de 7,5 cm. Le tube cylindrique est une feuille de cuivre recourbée de 9 cm de long et d'un diamètre de 26 mm. À l'intérieur se trouve une tige de fer complètement oxydée dont l'extrémité supérieure dépasse du bouchon de 1 cm environ. Elle est recouverte d'une couche gris-jaune d'un métal largement oxydé qui ressemble à du plomb. L'extrémité inférieure de la tige de fer n'atteint pas le fond du cylindre, sur lequel se trouve une couche de bitume de 3 mm d'épaisseur. Tous les éléments de l'objet ont été assemblés et examinés séparément. Après ces opérations, il est apparu de façon évidente qu'il ne pouvait s'agir que d'un élément électrique. Il ne manquait qu'un liquide acide ou alcalin pour qu'il soit complet ».

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    Les trois éléments de la pile de Bagdad : de gauche à droite, le vase en céramique de 15 cm de haut, le cylindre de cuivre de 9 cm et la tige de fer complètement oxydée.

    Quarante-deux ans plus tard, en 1978, lors d’une exposition sur l'Irak au musée Roemer et Pelizaeus d'Hildesheim en Allemagne, l’égyptologue Arne Eggebrecht, directeur de ce Musée, est intrigué par cet objet. Il décide d’en construire une réplique, parvient à faire fonctionner la pile et, après avoir fait passer un courant électrique, réussit à recouvrir une statuette en argent d'une fine couche d'or en l’immergeant dans une solution de cyanure d'or.

    Jusqu’à présent, les archéologues n’expliquaient la méthode de dorure à l’aide d’une feuille d'or, utilisée dans l’Antiquité, que de deux façons : par placage ou par cloutage. Avec sa copie de la pile de Bagdad, Eggebrecht a pu fabriquer en un peu moins de deux heures un objet parfaitement doré, comme permet de le faire la technique moderne dite de galvanoplastie.

    Pour que cette pile antique fonctionne selon le principe de celle inventée par le physicien italien Alessandro Volta en 1800 (un empilement de disques de zinc et de cuivre, séparés par un morceau de tissu imbibé d’eau salée), il suffit juste de rajouter des fils de connexion et de mettre de l’acide pour déclencher la réaction.

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    La pile inventée en 1800 par le physicien italien Alessandro Volta : un empilement de disques de zinc et de cuivre, séparés par un morceau de tissu imbibé d’eau salée.

    La pile testée par Eggebrecht a généré une tension comprise entre 0,5 et 1 volt. Pour obtenir un courant plus puissant, il est nécessaire d’associer plusieurs piles entre elles : or, d’autres exemplaires de la pile dite de Bagdad ont été trouvés dans les fouilles de Khujut Rabu, ce qui laisse penser que les Parthes connaissaient ce principe.

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    Pour l’égyptologue Arne Eggebrecht, cet objet servirait à recouvrir une statuette métallique d'une fine couche d'or, en l’immergeant dans une solution de cyanure d'or et en faisant passer un courant électrique.

    Aujourd’hui, les archéologues restent divisés sur l'utilisation réelle de cet artefact : certains adhèrent à l’hypothèse de la pile, mais d’autres penchent plutôt pour un objet à connotation magique (en insérant, dans le cylindre de cuivre, de petits rouleaux de textes religieux) ou encore pour un appareil servant à réparer les trous dans les outres de peau, récipients permettant d’emporter de l’eau dans le désert.

                                                  

    100 avant J.-C. : l’horloge astronomique d'Anticythère

    Cet étrange artefact a été découvert en 1900 par des pêcheurs d’éponges grecs, dans une épave gisant à une quarantaine de mètres de profondeur, au large de l’île d’Anticythère, située au nord-est de la Crète. 

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    À gauche, l’objet remonté par les plongeurs et, à droite, sa photo aux rayons X, réalisée en 1971 par la Commission grecque de l'énergie atomique, à la demande du physicien anglais Derek de Solla Price.

    À cette époque, l’équipement technique de plongée étant très rudimentaire (épaisses semelles de plomb et gros scaphandre relié à la surface par un tuyau), les pêcheurs étaient obligés de prendre d’énormes risques. Résultat : on remonte à la surface un mort et deux paralysés parmi les plongeurs de l’expédition !

    Les trouvailles dans l’épave sont nombreuses et de grande qualité : amphores, pièces de monnaies, bijoux et surtout statues de bronze et de marbre, dont la plus belle sera baptisée « L’éphèbe ». Grâce aux monnaies, on a pu préciser que le naufrage avait eu lieu en l’an 86 avant notre ère, que le navire était romain, provenait de Rhodes et se dirigeait vers l’Italie.

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    Parmi le trésor trouvé en 1900 par les plongeurs d’Anticythère figurent des amphores, des pièces de monnaies, des bijoux et surtout des statues de bronze et de marbre, dont la plus belle a été baptisée « L’éphèbe ».

    Parmi les objets remontés par les plongeurs se trouvent des morceaux de bronze corrodé, recouverts de concrétions de calcaire et de corail, le tout maintenu par les restes d'une structure en bois.

    Deux ans plus tard, l’archéologue grec Valerios Stais, directeur du Musée national d’archéologie d’Athènes, alors qu’il étudie le bloc, remarque la présence de roues dentées : il en déduit qu’il s’agit des restes d’un astrolabe, instrument qui permet de mesurer la hauteur des astres et de lire l'heure en fonction de la position des étoiles ou du soleil.

    Cette machine est composée de 82 éléments dont 32 roues dentées, 5 cadrans et des aiguilles mobiles. L'ensemble mesure environ 21 centimètres sur 16 et fait 5 cm d'épaisseur. On y a déchiffré des inscriptions grecques qui permettent, d'après les caractères, d’en dater la fabrication aux alentours de 100 avant J.-C. Cette date écarte alors la possibilité, relevée par certains chercheurs, que ce mécanisme puisse avoir été construit par Archimède, puisque le célèbre savant vécut en Sicile de 287 à 212 avant J.-C.

    L’artefact pourrait alors avoir été conçu dans l’île de Rhodes (d’où venait le navire) car deux astronomes exceptionnels y ont vécu dans l’Antiquité. Le premier fut Hipparque de Nicée (180-126 avant J.-C.), célèbre mathématicien et astronome grec, inventeur des tables trigonométriques dont il se servait pour calculer les tailles du Soleil et de la Lune, et leurs distances par rapport à la Terre. Le second se nommait Posidonios d'Apamée (135-51 avant J.-C.), un savant et philosophe stoïcien. Or, on possède un intéressant témoignage du célèbre homme politique romain Cicéron qui révèle, dans son livre De la nature des dieux, avoir vu à Rhodes un globe créé par Posidonios et reproduisant les mouvements des planètes du système solaire.

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    Posidonios a inventé à Rhodes, vers 100 avant J.-C., un globe reproduisant les mouvements des planètes du système solaire, instrument qui pourrait être celui trouvé dans une épave au large de l’île d’Anticythère.

    Puis, l’objet d'Anticythère est oublié dans le musée d’Athènes pendant plus de 50 ans, jusqu’en 1958 : alors qu’il visite le musée, un universitaire anglais du nom de Derek de Solla Price, titulaire de deux doctorats (physique expérimentale et histoire des sciences), est intrigué par l’artefact. Dans un article publié l’année suivante dans la revue Scientific American, le chercheur estime qu’il s’agit d’une sorte d’horloge astronomique sans balancier, conçue comme une machine à calculer les phases de la lune et la position des planètes connues à l’époque. Pour lui, ce serait un « antique ordinateur grec » !

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    Derek de Solla Price présente une reconstitution de l’artefact d’Anticythère : pour lui, il s’agit d’une sorte de machine à calculer les phases de la lune et la position des planètes connues à l’époque. Il l’a qualifiée d’antique ordinateur grec !

    Bien plus tard, en 1971, Solla Price demande à la Commission grecque de l'énergie atomique de passer l’objet aux rayons X et déclare alors : « Je dois avouer qu'au cours de ces investigations, je me suis très souvent réveillé la nuit pour me demander s'il était possible de réfuter l'évidence des textes, des inscriptions, du style et du contenu astronomique du mécanisme qui convergeaient tous résolument vers le premier siècle avant J.-C. Le mécanisme d'Anticythère doit incontestablement être considéré comme l’une des plus grandes inventions mécaniques de tous les temps ».

    Dans la seconde partie de cet article, nous étudierons les trois autres objets de l’Antiquité posant des énigmes, quasiment insolubles, aux archéologues et aux historiens : les étranges dodécaèdres en bronze, les sphères géantes du Costa Rica et le disque astrologique de Chevroches.

    À SUIVRE

  • MEL FISHER ET LE TRÉSOR DE L'ATOCHA (2)

    Poursuivant son rêve d'enfant, Mel Fisher a retrouvé l'épave de l'Atocha... et son fabuleux trésor ! (2e partie)

    Extrait du livre de Jacques Mandorla

    "60 trésors fabuleux à découvrir"

    (Éditons Trajectoire)

    272 pages - 356 illustrations en couleurs - 25 €

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    La découverte de l’épave

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    Eugene Lyon a non seulement identifié la composition du trésor embarqué sur l’Atocha, mais il apporte aussi une précision géographique capitale en affirmant qu’il faut concentrer les recherches près des Marquesas Keys.

    Fisher n’hésite pas : il déplace son matériel et son équipe dans cette zone. Confiant, il répète tous les matins à qui veut l’entendre : « Today is the Day ! », qu’on pourrait traduire par « C’est aujourd'hui le grand jour ! ». Pourtant, les mois défilent et toujours rien : même ses plus fidèles supporteurs se mettent à douter.

    Puis, un jour de juin 1975 : Bingo ! Les plongeurs remontent une lourde chaîne en or, un splendide crucifix en or incrusté d’émeraudes, des lingots d'argent, des milliers de pièces d'argent et d'or, un astrolabe rarissime, des objets sacerdotaux et plusieurs lingots d'or.

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    Un drame terrible frappe Mel Fisher !

    Le 20 juillet 1975 au matin, Fisher n’aperçoit plus le Northwind, le bateau sur lequel vit Dirk, l’un de ses trois fils. Très vite, on se rend compte que l'embarcation a coulé pendant la nuit, emprisonnant trois personnes dans sa coque d'acier : Dirk, son épouse Angel et Rick Gage, un plongeur de l’équipe.

    Effondré, Fisher songe à tout arrêter, mais ses associés l’exhortent à continuer. Ce qu’il fait, presque à contrecoeur. Les recherches se poursuivent encore pendant plusieurs années, mais l’essentiel du trésor n’est toujours pas mis au jour.

    Il faudra attendre un jour de mai 1985. Kane, le second fils de Fisher remonte à la surface une impressionnante quantité d'émeraudes, dont l'une fait 77 carats : elle est évaluée par un expert à plus d'un million de dollars ! On a pu établir que toutes ces émeraudes proviennent des gisements de Muzo en Colombie, exploités par les Espagnols dès 1594.

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    Quelques-unes de 2 615 émeraudes, posées sur un tapis de chaînes en or !

    Quelques semaines plus tard survient la fabuleuse découverte du 20 juillet 1985 : ce jour-là, Kane et ses plongeurs mettent la main sur des lingots d'argent, des pièces de huit reales en or, des lingots d'or, d'autres émeraudes… Kane vient de tomber sur l’essentiel du trésor de l’Atocha, exactement 10 ans, jour pour jour, après le drame qui avait coûté la vie à son frère Dirk. Coïncidence ou signe du destin ?

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    Un plongeur de l’équipe de Mel Fisher vient de découvrir une énorme chaîne en or et trois broches du même métal !

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    À gauche, une monnaie de 2 escudos en or, frappée à Séville (Espagne), d’un poids de 6,7 g et d’un diamètre de 22 mm : elle cote 10 000 euros.

    À droite, une pièce de 8 reales en argent, frappée en 1618 à Potosi (Bolivie), d’un poids de 26,5 g et d’un diamètre de 36 mm : elle cote 1 200 euros.

    Le contenu détaillé du trésor

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    Voici la liste de toutes les trouvailles remontées de l’épave de l’Atocha par Mel Fisher et son équipe :

    - 115 lingots et disques d’or (pour un poids de 100 kg) sur les 125 répertoriés sur le livre de connaissement,

    - 27 chaînes en or,

    - des milliers de pièces en or,

    - 2 615 émeraudes (d’un demi-carat à 77 carats),

    - 58 broches en or avec émeraudes,

    - 115 000 pièces d’argent,

    - 969 lingots d’argent sur les 1 038 répertoriés,

    - 305 lingots de cuivre sur les 582 enregistrés,

    - 606 objets précieux : coupes en or, chandeliers, plateaux, gobelets, cruches en argent, bijoux religieux (croix, pendentifs, médailles…)

    - 3 astrolabes (principal instrument de navigation au XVIe siècle, l’astrolabe permet de trouver sa route en prenant des mesures sur les étoiles et sera remplacé au XVIIIe siècle par le sextant).

    À noter que les plongeurs ont trouvé de nombreux objets précieux qui n’étaient pas indiqués sur le livre de connaissement… car il s’agissait de biens personnels emportés par de riches colons espagnols qui retournaient au pays, à bord de l’Atocha !

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    Un disque d’or de 3 kg retrouvé dans l'épave de l’Atocha.

    Une partie du trésor est vendue aux enchères

    Afin de pouvoir payer tous les actionnaires de la société " Treasure Salvors " et donner sa part de 25% à l’État de Floride, Mel Fisher décide de vendre une petite partie du trésor aux enchères. Organisée les 14 et 15 juin 1988 par la Maison Christie’s de New York, la vente rapporte plusieurs dizaines de millions de dollars.

    L’une des vedettes de cette vente est une superbe croix en or massif, incrustée de neuf émeraudes en cabochons, vendue un million de dollars !

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    Un astrolabe est vendu 132 000 dollars. Un énorme lingot d’or de 2 kg a trouvé preneur pour 54 000 dollars.

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    Après plus de vingt années de recherches, Fisher a donc été largement récompensé de sa patience et de sa ténacité. Son extraordinaire aventure a ensuite servi d’exemple à de nombreux chercheurs de trésors.

    C’est probablement en pensant à eux que Mel Fisher, avant de mourir en 1998, a déclaré : « Je pense que ma persévérance a fini par payer. Si je dois résumer ma recherche, je dirais que le point le plus important est de se trouver pile au bon endroit et de faire son travail sérieusement. Et si certains vous critiquent par jalousie, ça doit passer par une oreille et sortir par l’autre ! Il ne faut penser qu’à une seule chose : continuer à chercher. Et le jour où, comme moi, vous découvrez que le fond de la mer est recouvert de pièces d’or, vous n’oublierez plus jamais cette image ! ».

    Et les trouvailles continuent !

    Depuis la disparition de Mel Fisher, ses deux fils continuent de fouiller, sans relâche. Et le miracle se poursuit : ils trouvent l’épave du Santa Margarita, un autre galion de la flotte qui accompagnait l’Atocha et qui a sombré en même temps que lui. Et il ne se passe pas une seule semaine sans qu’un plongeur ne trouve de nouveaux lingots d’or ou de nouvelles pièces de monnaie.

    S’agit-il du reste des trésors de l’Atocha et du Santa Margarita ou bien des cargaisons précieuses des 6 autres vaisseaux qui accompagnaient ces deux navires ? Les fils Fisher gardent le secret.

    Une seule chose est certaine : l’estimation de la valeur des trouvailles à 300 millions de dollars, que Mel Fisher avait faite en 1964, est aujourd’hui nettement dépassée et réévaluée à 450 millions !

    FIN

  • MEL FISHER ET LE TRÉSOR DE L'ATOCHA (1)

    Poursuivant son rêve d'enfant, Mel Fisher a retrouvé l'épave de l'Atocha... et son fabuleux trésor ! (1ère partie)

    Extrait du livre de Jacques Mandorla

    "60 trésors fabuleux à découvrir"

    (Éditons Trajectoire)

    272 pages - 356 illustrations en couleurs - 25 €

    Disponible sur www.amazon.fr, www.fnac.fr et en librairie

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    450 millions de dollars au fond de la mer : ce chiffre représente la valeur des objets de la fabuleuse épave du galion espagnol Nuestra Señora de Atocha, remontés à la surface par l’Américain Mel Fisher.

    Il fait vraiment très chaud ce 20 juillet 1985 à Key West, en Floride. Mel Fisher est tranquillement assis dans son bureau climatisé : il est 13h05. Soudain, le téléphone sonne. À l’autre bout du fil, son fils Kane s’écrie : « Papa, tu peux jeter les cartes marines à la poubelle : on a trouvé l’Atocha ! ». Pour Mel Fisher s’achève alors une très longue quête de plus de 20 années dans les eaux chaudes de Floride.

    Mel Fisher est né en 1922 dans l'Indiana. La Seconde Guerre mondiale interrompt ses études d'ingénieur-mécanicien à l’Université de Purdue. Pour pouvoir vivre, il crée alors, avec sa jeune épouse, un club de plongée. Au bout de quelques années, Fisher souhaite rompre la monotonie de ce travail. Le déclic survient le jour où il discute avec des plongeurs qui viennent de trouver des pièces d’or dans une épave, au large de Miami. Fisher, plongeur professionnel aguerri, est persuadé de pouvoir en faire autant. C’est pourquoi, en 1962, il fonde avec cinq amis plongeurs une société au nom évocateur : la « Treasure Salvors » (les Sauveteurs de Trésors). Hélas, les premières épaves qu’ils fouillent ne fournissent aucune trouvaille de valeur.

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    Mel Fisher (à gauche) et ses deux fils Kim (au centre) et Kane (à droite). En arrière-plan, deux « mail box », inventées par Fisher.

    Une invention géniale : la "mail box"

    Mais Fisher est quelqu’un d’obstiné et d’inventif : il cherche alors une idée originale qui permette de mieux explorer les fonds marins. Utilisant ses connaissances en mécanique, il met au point un appareil étonnant, qu’il surnomme « mail box » (car il ressemble à une boîte aux lettres américaine), qui va révolutionner les techniques de prospection sous-marines. Il s’agit d’un grand tube métallique coudé, renfermant une énorme hélice qui propulse l'eau de la surface vers le fond marin, afin de dégager la vase ou le sable : grâce à cet engin, les objets précieux apparaissent facilement à la vue des plongeurs.

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    Dessin expliquant le fonctionnement d’une « mail box ».

    Mon ami Michel Bagnaud, le spécialiste du trésor de l’île des Cocos, a raconté dans son livre « Profession : inventeur de trésors », comment cette « mail box » géniale donne très vite d’excellents résultats : « Les 24 et 25 mai 1964, Fisher met au jour près de 2 000 escudos d'or en parfait état. Un mois plus tard, il découvre des chaînes en or de plusieurs mètres de long et deux gros disques en or massif. Devant les journalistes médusés, il proclame alors qu'il a remonté pour un million et demi de dollars d’objets, mais qu'il compte en trouver beaucoup plus en se lançant à la recherche de l’épave la Nuestra Señora de Atocha, qui contient au moins 300 millions de dollars ! ».

    La loi fédérale très avantageuse de l'État de Floride

    Pour retrouver l’épave de l’Atocha, Fisher loue une concession maritime à l’État de Floride, en sélectionnant une zone très étendue au large de Key West. Il profite du fait que la loi fédérale de l’État de Floride est très avantageuse : elle laisse, en effet, 75% de la valeur des trouvailles aux inventeurs (découvreurs) alors que l’État de Floride se contente seulement des 25% restants.

    Dans les autres pays, la règle en usage est fondée sur un partage à 50/50. Sauf en France où, depuis 1989, l’État s’attribue l’entière propriété des trésors sous-marins gisant dans nos eaux territoriales ! Cette loi ayant eu le désastreux effet d’augmenter les pillages d’épaves, fouillées sans demande d’autorisation préalable, l’État français s’est engagé en 1996 à verser une prime à tout découvreur, prime pouvant aller jusqu’à 30 000 euros selon l’intérêt scientifique de la trouvaille. Prime considéré comme insuffisante par les chercheurs de trésors.

    Une plongée dans les archives

    Ayant obtenu sa concession auprès de l’État de Floride, Fisher se met à la recherche de l’Atocha. Les premiers mois sont décevants : il ne trouve absolument aucune trace du galion espagnol.

    Le destin vient alors au secours de Fisher : un jour, à Vero Beach, la ville de Floride où il réside, Fisher rencontre par hasard un certain Eugene Lyon, en train de s'affairer avec son détecteur de métaux sur la plage. Lyon est un brillant érudit : il sait lire l'espagnol ancien et se rend régulièrement aux Archives générales des Indes, situées à Séville en Espagne, afin d’y consulter des documents des conquistadors espagnols dans le but de rédiger la thèse de doctorat d'Histoire qu’il prépare. Fisher le charge alors d’aller trouver des informations sur le naufrage de l'Atocha, en lui précisant la date de la catastrophe : 6 septembre 1622.

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    Frappée par un ouragan, l'Atocha fait naufrage près de la Floride le 6 septembre 1622.

    La veille de cette date fatidique, 28 bateaux quittent le port de La Havane à Cuba, en direction de l’Espagne. Cette flotte emporte avec elle une fortune colossale : argent de Bolivie, or et émeraudes de Colombie, perles du Venezuela... Mais quelques bateaux ne parviendront jamais à destination : le matin du 6 septembre, un terrible ouragan frappe la flotte au moment où elle se dirige vers la Floride : 8 bateaux disparaissent entre les îles de Marquesas Keys et de Dry Tortugas, à l’ouest de Key West.

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    Eugene Lyon, l'archiviste qui a permis à Mel Fisher de localiser l'épave de l'Atocha.

    Pour essayer de retrouver l’endroit exact du naufrage, Eugène Lyon part à Séville et se plonge dans les archives pendant des semaines. Il finit par tomber sur un document exceptionnel : le manifeste de connaissement, c’est-à-dire la liste du chargement enregistré au moment où l’Atocha appareille de Carthagène, en Colombie, pour se rendre en Espagne.

    La lecture de ce document donne le vertige à Fisher ! Voyez plutôt : l’Atocha emporte officiellement 1 038 lingots d’argent d’un poids total de 24 tonnes, 180 000 pesos en pièces d’argent, 582 lingots de cuivre, 125 lingots et disques d’or, 350 balles d’indigo (une teinture rare et très appréciée à l’époque), 525 balles de tabac, 20 canons de bronze, 600 kilos d’objets en argent et des dizaines de milliers de pièces d’or !

    Un trésor phénoménal qui sera remonté à la surface quelques années plus tard !

    À SUIVRE